Questions relatives à la prosternation de l’oubli
Fatwa No: 416596

Question

Pouvez-vous me dire, qu’Allah vous bénisse, si l’avis de la majorité des savants est considéré comme un assemblage de plusieurs avis ? C’est-à-dire que je choisis l’avis de la majorité des savants lorsque, durant ma prière, je lève mes mains et dit « Allahu Akbar » quand je passe d’une position debout à incliné, que je ne fais pas la prosternation de l’oubli s’il m’arrive d’oublier quoique ce soit, que je choisisse l’avis des shaféites pour compléter ma prière lorsque j’ai rejoint la prière en groupe en retard. Et un autre sujet, je fais la prosternation de l’oubli selon l’avis des malékites. Si ma prière est défaillante je me prosterne avant les salutations finales et si j’y ai ajouté quoique ce soit je me prosterne après. Cette façon de procéder est-elle considérée comme un assemblage des avis des savants ? Dans un deuxième temps, je souhaiterais également savoir s’il existe une divergence concernant le moment où il faut effectuer les deux prosternations de l’oubli ? Avons-nous la possibilité de les faire indifféremment avant ou après les salutations finales quelle que soit l’école juridique et notre prière est ainsi valide ? Pour finir, j’agis selon l’avis de la majorité des savants pour ce qui est du Takbir et du Tasbih (formules où le fidèle dit au cours de sa prière : Allahu Akbar et SubhânAllah) qui stipule que ces formules sont une sunna. Ceci dit, ai-je le droit de faire la prosternation de l’oubli si je les oublie ? J’ai appris que chez les hanéfites et les malékites, il ne faut pas faire la prosternation de l’oubli en raison d’un Tasbih oublié auquel cas, pour les malékites seulement, la prière est invalide. Je souhaite obtenir une réponse car je trouve cela confus et je ne sais plus si je m’amuse à assembler les avis des savants les uns avec les autres et si cela est autorisé ou non, ni si ma prière est valide ou non. Sachant que de façon générale, j’agis en fonction de l’avis de la plupart des savants mais pour ces questions j’agis selon les avis des uns et des autres car il n’y a pas d’avis de la majorité des savants les concernant.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

Votre question comprend plusieurs choses. Nous y répondons dans les points suivants :

1- Vous avez d’abord posé plus d’une question concernant le fait d’agir en fonction des avis des différentes écoles juridiques. Et aussi, sur le fait d’imiter les avis d’une école en particulier sur une question précise et d’imiter une autre pour une autre question. Et il n’est pas nécessaire de se livrer à tout cela car cela vous conduira à vous retrouver dans des situations gênantes et pénibles. Nous vous conseillons plutôt d’agir selon les avis de l’école en vigueur dans votre pays (l’école malékite). Cela est suffisant et il n’y a aucun mal à le faire.

2- Agir en choisissant parmi les avis de différentes écoles pour une seule et même question est interdit comme il a été dit dans la fatwa précédente. Ceci dit, les faits suivants ne font pas partie de la pratique interdite qui consiste à choisir parmi les différents avis des écoles : Considérer que les formules de Takbir, Tasbih et Tahmid durant lesquelles nous changeons de position en prière sont une sunna. Ne pas faire les prosternations de l’oubli pour avoir délaissé ces formules. Agir selon l’école shaféite pour compléter sa prière quand on est arrivé en retard à la prière en groupe.

3- On peut accomplir les prosternations de l’oubli avant ou après les salutations finales, la prière est valide. Al-Mardâwî a dit dans son livre Al-Insâf : « Le cadi a dit : il n’y a pas de divergence sur le fait qu’on puisse les faire avant ou après. Par contre, on peut poser la question pour savoir ce qu’il faut faire initialement ou ce qui est le mieux. Les malékites et les shaféites ont dit qu’il y a eu consensus sur ce point. » Fin de citation. 

Ceci dit, pour les malékites, cette question nécessite d’être développée : Al-Kharashî a dit dans son commentaire sur l’ouvrage Mukhtasar Khalîl Al-Mâlikî : « Les prosternations de la distraction qui doivent être faites après les salutations finales sont valides si elles sont faites avant, même si cela est fait délibérément. Car on prend en considération l’avis de l’école shaféite, bien que cela soit en principe interdit chez les malékites. De même, les prosternations de la distraction qui doivent être faites avant les salutations finales sont valides si elles sont faites après, même si cela est fait délibérément. Car on prend en considération l’avis de l’école hanéfite, bien que cela soit en principe répréhensible chez les malékites. Cette expression est formulée ainsi car on ne peut qualifier l’acte de celui qui oublie de valide ou d’invalide car il n’est pas responsable de ses actes quand il oublie. » Fin de citation.

4- Ne pas faire les prosternations de l’oubli pour avoir oublié des formules de Takbir et de Tasbih ne correspond pas à l’avis de la majorité des savants, mais correspond uniquement à l’avis des shaféites et des malékites. Dans le livre Ghâyat al-Bayân Sharh Zayd ibn Raslân, qui est shaféite, il est dit : « Ce n’est pas une sunna que de faire les prosternations de la distraction pour avoir délaisser un des actes de la sunna de la prière, que ce soit délibérément ou par oubli. En effet, ces prosternations sont un ajout à la prière. On ne peut donc les faire que si un texte le stipule. Or, les textes ne le mentionnent que pour certaines parties précises de la prière. Malgré cela, il est possible de les faire en se basant sur une analogie que l’on pourra faire avec d’autres actes de la prière qui sont équivalents à ceux mentionnés dans les textes. Les autres actes garderont le même statut de base, celui qui est le leur initialement. Aussi, la prière du fidèle sera invalide s’il accomplit les prosternations de la distraction en considérant que cela est permis, sauf s’il vient d’adhérer récemment à l’islam ou qu’il vit dans une contrée loin des savants, car il se peut qu’il ait connaissance des prosternations de la distraction mais pas de ce qui l’oblige à les faire. » Fin de citation. 

Dans le livre Al-Mabsût de Al-Sarkhasî le hanéfite il est dit : « Les formules de Takbir que l’on prononce pour changer de position durant la prière sont une sunna. On ne peut pas les attribuer à des actes qui composent la prière en soi dans son intégralité. Si on les délaisse on ne peut pas passer d’une position à une autre. De même quand on oublie les formules de Tasbih dans les positions d’inclinaison ou de prosternation. Ces formules sont liées à un des piliers de la prière mais la validité de toute la prière n’en dépend pas. Elles ont le même statut que les formules de demande de protection et celles que l’on prononce à l’ouverture de la prière. » Fin de citation.

Dans l’ouvrage Badâ’i’ Al-Sanâ’i’, Al-Kâsânî le hanéfite dit : « Les formules de Takbir de l’inclinaison et de prosternation sont des actes de la sunna, et quand un acte de sunna est défaillant on ne peut le compenser par des prosternations de l’oubli car ces prosternations sont obligatoires. Et il n’est pas obligatoire de compenser un acte qui est une sunna par un autre qui lui est d’un statut supérieur, soit les prosternations de l’oubli qui sont obligatoires. » Fin de citation.

Pour les malékites, le Takbîr fait partie des sunnas et le Tasbîh des actes méritoires. Dans certains ouvrages malékites, la prière est invalide si les prosternations de l’oubli sont faites en raison d’une seule formule de Takbir ou Tasmi’ délaissé délibérément. Al-Nafrâwi le malékite dit dans l’ouvrage Al-Fawâkih Al-Dawâni : « Qui oublie un Takbîr, autre que celui qui consacre l’entrée en prière, ou la formule « sami’Allahu liman hamidah » une seule fois, il devra reprendre sa prière à l’endroit de son oubli. S’il oublie de faire le Qunût, il ne devra pas faire les prosternations de l’oubli. Et s’il fait ces prosternations délibérément avant les salutations finales alors la prière sera invalide. Ceci excepté la situation où le fidèle effectue sa prière en groupe derrière un imam qui prie selon les règles d’une autre école. Dans ce cas sa prière n’est pas invalide. Idem s’il ne fait pas les prosternations de l’oubli derrière l’imam. Par contre, s’il s’agit des Takbîr de la prière du Aïd ou de deux Takbîrs d’une autre prière, ou de la formule « sami’Allahu liman hamidah » alors il pourra se prosterner même si sa prière reste valide sans qu’il ne le fasse. » Fin de citation.

Toujours chez les malékites, la prière est invalide si on fait les prosternations de l’oubli pour avoir délaisser un acte méritoire comme le Tasbîh en inclinaison ou encore la prosternation si cela est fait délibérément ou par ignorance.

Mayyâra le malékite a dit dans l’ouvrage Al-Durr Al-Thamîn : « Après avoir mentionné les actes de la sunna, il cite les actes méritoires. Le premier étant de commencer par la droite lors des salutations de la fin de la prière … jusqu’à ce qu’il dise : Le sixième : Le Tasbîh durant l’inclinaison et la prosternation, il entend par là sans en déterminer un en particulier. » Fin de citation.

Dans le livre Minah Al-Jalîl de son auteur cheikh Mohammed ‘Alîsh le malékite alors qu’il parle des actes annulatifs de la prière : « La prière est invalide si le fidèle fait les prosternations de l’oubli avant les salutations finales pour avoir délaissé un acte méritoire même s’il en a oublié beaucoup. » Fin de citation.

Al-Dasûqî le malékite a dit dans l’ouvrage Hâshiya ‘Ala Al-Sharh Al-Kabîr : « S’il fait les prosternations de l’oubli avant les salutations finales en raison d’un acte méritoire qu’il n’a pas fait et qu’il les fait délibérément ou par ignorance, alors sa prière est invalide. Mais s’il les fait par oubli dans ce cas la prière ne serait pas invalide. Il ferait les prosternations après les salutations finales. » Fin de citation. 

5- Nous attirons votre attention sur le fait qu’agir selon les avis d’une école juridique ne doit pas être motivé par le fait de chercher à profiter des dérogations de chaque école. Ce qu’il faut c’est agir selon les avis des écoles en fonction des critères définis par les savants. 

Et Allah sait mieux.

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