Prier derrière l’imam qui passe en direct à la télé en raison de l’épidémie
Fatwa No: 417844

Question

Vu la propagation du coronavirus dans le monde et que nombre de pays ont interdit d’accomplir les prières dans les mosquées, est-il permis de prier en prenant pour imam celui qui préside la prière diffusée en direct à la télé ou sur les réseaux sociaux ? Est-il permis d’effectuer les prières du vendredi et en groupe en écoutant celles qui sont diffusées en direct et donc de les faire de chez nous étant donné les circonstances du corona ? Aussi, le fidèle qui agit ainsi obtient-il la récompense vu qu’il écoute le sermon et suis les prières en direct. En effet, c’est le virus qui empêche les fidèles de se réunir puisqu’il est contagieux. Alors qu’en suivant les rites en direct, le fidèle les accomplit de chez lui, derrière l’imam, au même moment. Merci à vous.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

Nous avons déjà expliqué dans des fatwas précédentes que les prières accomplies en prenant comme imam celui qui préside une prière diffusée à la télé ne sont pas valides.

Et il n’y a aucune différence si les gens sont dans une situation aisée ou sont contraints de rester chez eux comme c’est le cas lors de propagation d’épidémie où les gens ont peur d’être contaminés s’ils se rendent dans les mosquées.

Souhaiter obtenir la récompense ne justifie pas la validité de la prière. Celui qui veillait à accomplir les prières à la mosquée obtiendra la récompense de ces prières et de celles du vendredi même s’il prie chez lui tout seul. Ceci, tant qu’il a une excuse pour ne pas la faire à la mosquée. Les textes religieux prouvent que le fidèle qui est empêché d’accomplir un acte d’obéissance alors qu’il avait pour habitude de veiller à le faire, Allah lui inscrira la récompense de cette œuvre en raison du hadith où le Prophète () dit : « Allah a inscrit les bonnes et les mauvaises actions, puis Il expliqua. Celui, donc, qui a l'intention d'accomplir une bonne action mais ne l'accomplit pas, Allah béni et exalté soit-Il, la lui inscrit comme une bonne action à part entière … » (Boukhari et Mouslim).

Et d'après Abu Burda : « J’ai entendu Abu Mousa al-Ach'ari dire à plusieurs reprises : le

Prophète () a dit : « Lorsque le serviteur d'Allah tombe malade ou part en voyage, Allah lui inscrit la récompense des œuvres qu'il avait l'habitude d'accomplir avant son voyage ou lorsqu'il était en bonne santé. » (Boukhari).

Ibn Hajar a dit dans Fath Al-Bârî : la version du hadith de Hashîm dit : si le serviteur faisait une bonne action et une maladie l’empêche de la faire […]. Les termes du hadith correspondent à un procédé linguistique dans lequel on fait référence au voyage par opposition au lieu de vie et à la bonne santé par opposition à la maladie. Cette récompense est due à qui avait l’habitude d’accomplir une bonne action et qui, s’il n’en avait été empêché, avait l’intention ferme de l’accomplir et l’aurait faite. » Fin de citation.

Dans le Majmû’ al-Fatawa de Cheikh al-Islam ibn Taymiyya il est dit : « Qui a l’intention de faire une bonne action et fait son possible pour l’acquérir mais ne parvient pas à la faire complètement, il aura la récompense de celui qui l’a effectivement accompli comme cela est rapporté dans les recueils de Boukhari et Mouslim où le Prophète () a dit : « Il y a des hommes à Médine qui, à chacune de vos progressions et à chaque vallée que vous avez traversée, étaient avec vous. En effet, seule une excuse les a retenus. » Fin de citation.

Et Allah sait mieux.

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