L'aumône faite à une personne puis rendue au donateur
Fatwa No: 44555

Question

J’ai prêté à une personne deux mille livres syriennes . Ensuite, je lui ai donné une autre somme d’argent (quatre mille livres syriennes), ne recherchant que l’agrément d’Allah, exalté soit-Il, afin d’aider son père qui était alors gravement malade. Je lui ai donné cette dernière somme sans qu’on me la demande et sans même dire que je la considérais comme une dette.
Le temps est passé et je suis tombé en désaccord avec cette personne et, après l’amitié qui nous avait rassemblés, nous nous sommes séparés. Je lui ai alors demandé les deux mille livres syriennes que je lui avait prêtées car il s’agissait là d’une dette. Mais cette personne a insisté à me rendre la somme entière (six mille livres syriennes) et m’a dit que c'était mon droit et qu’elle n’aimait pas que qui que ce soit lui fasse une faveur. J’ai refusé avec insistance et j’ai dit que je n’avais droit qu’aux deux mille livres syriennes seulement car le reste de la somme (quatre milles livres syriennes) n’était pas un prêt.
Ma question est la suivante : ai-je le droit de faire don de ces quatre mille livres à un projet de bienfaisance (la construction d’une mosquée par exemple) ? Ai-je le droit de prendre cette somme et de la dépenser à mon gré ?

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses compagnons :

 

Les Oulémas ont divergé au sujet de l’aumône donnée à une personne nécessiteuse qui la refuse.

Certains ont dit que le donateur doit dans ce cas particulier donner l’aumône à un autre nécessiteux et n'a pas le droit de s'en servir lui-même. D'autres au contraire on dit qu'il a le droit de s'en servir.

Al-Dassûqi, de l’école malékite, rapporte, d’après Ibn Yûnus, l’avis de l'imam Mâlik, qu'Allah lui fasse miséricorde : « Si vous sortez voir un nécessiteux avec un morceau de pain ou un Dirham pour en faire aumône et que vous ne le trouvez pas, il est préférable de les donner à un autre pour parachever votre bienfait. Si vous le trouvez et qu’il n’accepte pas, cela devrait renforcer votre détermination de faire l’aumône. La controverse porte sur la question de savoir si le donateur a le droit ou non de tirer profit de cette aumône ?  Certains ont dit qu'il ne lui était absolument pas permis d’en profiter. D’autres ont dit qu'il était absolument permis d’en profiter. Et d'autres encore ont dit que si l'aumône est destinée à une personne en particulier, il est permis au donateur de se servir de l'aumône et que sinon, cela lui est interdit’ »

 

Il ne fait aucun doute que la solution est de ne pas reprendre l’aumône mais de la donner à d’autres indigents ou de contribuer avec cette somme à la construction d'une mosquée comme le désire le frère qui pose la question.                                                                                           

 

Et Allah sait mieux.

Fatwas en relation