Doute sur l'utilisation de certaines expressions
Fatwa No: 447100

Question

As salam aleykum Est-il permis d’utiliser ce genre d’expression : ''ça se voit que telle chose va arriver'' ou bien ''la plante a poussé d’elle même'' ou bien ''tu as refait ma journée'' ainsi que ''j’ai lu dans ta tête'' sachant que si l’on prends ces phrases à la lettre cela pourrait peut-être relever du shirk .J’ai lu dans vos anciennes fatwa que Al-Zarkachî a dit : « Celui qui prononce une parole de mécréance en plaisantant et sans conviction aura certes mécru. » [Al-Manthûr] Al-San'âni a dit dans son livre Tahrîr al-I'tiqâd :" Les fouqaha ont précisé dans le chapitre de l'apostasie que celui qui prononce une parole de mécréance est jugé mécréant même s'il ne visait pas le sens de cette parole."

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses compagnons :

Aucune des expressions que vous avez mentionnées ne fait sortir son auteur de l’Islam et le doute que vous avez concernant leur utilisation n’est fondé sur aucune preuve légale et n’est que pire illusion.
Si le musulman prononce une expression qui fait sortir de l’Islam sans connaitre sa signification, on ne doit pas considérer qu’il est devenu un renégat (Kafir). Il est mentionné dans le livre Matâlib ouli al Nouhâ de son auteur Al Rahîbânî le hanbalite : « Celui qui prononce une expression de mécréance sans connaitre sa signification ne devient pas pour autant mécréant. »
La parole ou l’acte qui peut impliquer la mécréance comme il peut impliquer son contraire s’il émane de la part d’un musulman ne constitue pas une mécréance. Il est mentionné dans le livre Charh al Chifâ de son auteur ‘Ali al Qârî : « Selon l’avis de nos oulémas, quiconque émane de sa part ce qui implique la mécréance sous quatre-vingt-dix-neuf formes, et que la foi n’est impliquée que par une seule forme, sera considéré comme ayant la foi. »
Quant aux propos de Zarkâchy ils concernent celui qui prononce une expression qui implique la mécréance en connaissant son sens, mais il l'a dit en plaisantant ou par ironie en se moquant de son interlocuteur. En effet, en matière d’apostasie, la plaisanterie et l’ironie ne sont pas une excuse.
Les propos d’Al San’âni vont dans le même sens. Une question concernant la signification des propos de ce dernier fut posée à Cheikh Abû Batîn et il a répondu en ces termes : « Ils (les oulémas) visent par ces propos celui qui prononce une expression qui implique la mécréance en plaisantant. Allah, exalté soit-Il, dit dans ce sens : « Et si tu les interrogeais, ils diraient très certainement : "Vraiment, nous ne faisions que bavarder et jouer." Dis : "Est-ce d'Allah, de Ses versets (le Coran) et de Son messager que vous vous moquiez ? " Ne vous excusez pas : vous avez bel et bien rejeté la foi après avoir cru.  » (Coran 9/65 et 66)
Quant à celui qui prononce une parole de mécréance ne connaissant pas qu’elle implique la mécréance de celui qui la prononce et se rétracte lorsqu’il apprend sa signification, il ne sort pas de l’Islam. Son cas ressemble à celui des Compagnons qui on dit au Prophète () : « Ô Messager d’Allah désigne nous un Dhat Anwât, semblable à leur Dhat Anwât.  » N.T : Dhat Anwât est un arbre que certains idolâtres vénéraient à l'époque du Prophète ().

Et Allah sait mieux

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