La croyance aux Noms et Attributs d'Allah
Fatwa No: 88618

Question

Les oulémas salafis disent qu’il ne faut pas interpréter d’une façon allégorique les attributs d’Allah, exalté soit-Il, mentionnés dans le Coran et la Sunna. Selon eux, les musulmans doivent croire qu’Allah, exalté soit-Il, a deux yeux, deux mains, deux pieds, deux jambes, un visage, un cœur et des doigts etc.
Mais je ne suis pas parvenu à comprendre les causes de l’interprétation salafie de ces versets (sens des versets)
· « … de quelque côté que vous vous tourniez, vous trouverez toujours la Face du Seigneur » (Coran 2/115)
· « Si Mes serviteurs t'interrogent à Mon sujet, qu'ils sachent que Je suis tout près d'eux » (Coran 2/186) et encore : « Nous sommes plus près de lui que sa veine jugulaire » (Coran 50/16)
Même chose pour ce hadith rapporté par Mouslim, qu’Allah lui fasse miséricorde, d’après Abû Hurayra, qu’Allah soit satisfait de lui, où Allah, exalté soit-Il, dit :
« Je suis tel que ce que Mon serviteur pense de Moi. ». Il y aussi les trois hadiths suivants : « Le cœur du croyant se trouve entre deux des doigts du Miséricordieux » et « Je sens le souffle du Miséricordieux du côté de la droite » et « Le Fils d’Adam insulte les temps alors que Je suis le temps, Je tiens en main la nuit et le jour. » [(Boukhari, Mouslim)]
Le Prophète (Salla Allahou Alaihi wa Sallam) a dit aussi :
« Allah, glorifié soit-Il, a dit : Je suis tel que Mon serviteur M'estime. Je serai avec lui chaque fois qu'il M’évoquera. Ainsi, s'il M’évoque dans son for intérieur, Je l’évoquerai dans Mon for intérieur; s'il M’évoque dans une assemblée, Je l’évoquerai dans une assemblée meilleure encore, s’il se rapproche de Moi d’un empan, Je me rapprocherai de lui d’une coudée, s’il se rapproche de Moi d’une coudée Je me rapprocherai de lui d’une brasse et s’il vient à Moi en marchant Je viendrai à lui en me hâtant. ». Et « Ô fils d’Adam, Je suis tombé malade et tu ne M’as pas visité. Il dira : « Ô Seigneur er comment te visiterais-je quand Tu es le Seigneur de l’univers ? » Allah dira : « N’as-tu pas su que Mon serviteur untel était malade et tu ne l’as pas visité ? Ne savais-tu pas que, si tu l’avais visité, tu M’aurais trouvé chez lui ? Ô fils, d’Adam, Je t’ai demandé à manger et tu ne M’en as point donné. » Il dira : « Ô Seigneur, et comment Te donnerais-je à manger alors que Tu es le Seigneur de l’univers ? » Allah dira « Ne savais-tu pas que Mon serviteur untel t’avait demandé à manger et tu ne lui en as pas donné, ne savais-tu pas que si tu l’avais nourri, tu aurais trouvé cela chez Moi ? Ô fils d’Adam Je t’ai demandé à boire et tu ne M’en as pas donné. Il dira : « Ô Seigneur et comment Te donnerais-je à boire alors que Tu es le Seigneur de l’univers ? » Allah dira : « Mon serviteur untel t’as demandé à boire et tu ne lui en as point donné, n’aurais-tu pas trouvé cela chez Moi, si tu lui en avais donné ? » (Mouslim) Et encore : « J’ai effectivement déclaré la guerre à quiconque sera hostile à l'un de Mes bien-aimés. Jamais Mon adorateur ne se rapprochera de Moi par une œuvre plus aimée de Moi que l'accomplissement des obligations que Je lui ai imposées. Mon adorateur ne cesse de se rapprocher de Moi par les actes surérogatoires jusqu’à ce que Je l’aime. Une fois que Je l’aime, Je deviens l'oreille par laquelle il entend, l'œil avec lequel il voit, la main avec laquelle il saisit et le pied avec lequel il marche. S'il M'invoque, Je l'exauce et s'il se réfugie auprès de Moi, Je le protège. Je ne diffère pas une chose que Je dois faire autant que de retarder la mort du croyant car Je sais qu'elle lui est pénible et rien ne Me répugne autant que de le voir souffrir. » [(Boukhari)]J’ai vu certains oulémas donner un sens allegorique aux versets et aux hadiths mentionnés et j’aimerais savoir pourquoi il existe deux interprétations.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses compagnons :

Reconnaître les Noms et les Attributs d’Allah, exalté soit-Il, d’une  manière digne de Sa majesté et de Sa grandeur, sans tomber dans l’altération  (al-tahrîf), ni le reniement (al-ta’tîl), ni  l’interrogation du comment (al-takyîf), ni l’anthropomorphisme (assimilation / at-tamthîl), est la doctrine des Compagnons et de ceux qui les ont suivis parmi les Tâbi‘îs. Ils se sont basés sur les propos de certains d’entre eux qui disaient : « Aborder les noms et attributs comme, et tels qu’ils sont venus dans le Coran et la Sounna et ne demandez pas comment. ». D’autres prédécesseurs disaient : « Nous croyons en Allah, exalté soit-Il, en ce qui vient de Lui de la manière qu’Il veut. Nous croyons au Messager d’Allah (), en ce avec quoi il est venu et de la manière qu’il veut ». L’interprétation allégorique des versets est une forme de falsification non justifiée à leurs yeux et ils désavouent toute personne qui est de cet avis. Mais ils ne refusent pas l’interprétation louable exigée par le contexte coranique qu’ils considèrent alors comme justifiée. Voici  quelques exemples pour éclairer ce que nous venons de dire :

Le premier exemple : Ces Paroles d’Allah, exalté soit-Il (sens du verset) : «  de quelque côté que vous vous tourniez, vous trouverez toujours la Face du Seigneur » (Coran 2/115) Certains oulémas ont interprété le mot « face » par « côté » ou « direction ». Preuve en est les termes « Levant » et « Couchant » mentionnés juste avant et l’adverbe « quelque côté » qui exprime un lieu.

Le deuxième exemple : Ces paroles d’Allah, exalté soit-Il (sens du verset) : « Si Mes serviteurs t'interrogent à Mon sujet, qu'ils sachent que Je suis tout près d'eux » (Coran 2/186) La proximité ici est celle de la réponse avec comme preuve l’exaucement rapide promis.

Même chose avec le hadith de Mouslim, qu’Allah lui fasse miséricorde, où il est dit :
« Le Fils d’Adam insulte le temps alors que Je suis le temps, Je tiens en main la nuit et le jour. ». Le temps ici réfère à la puissance d’Allah, exalté soit-Il et Sa gestion de l’univers.

Le troisième exemple : Ces paroles du Prophète () où le Seigneur dit : « Je deviens l'oreille par laquelle il entend, l'œil avec lequel il voit …» [(Boukhari)] Les oulémas sont d’accord qu’il s’agit d’une allégorie car Allah, exalté soit-Il, ne peut pas devenir l’œil du serviteur et parce qu’il a fait  la distinction entre Lui et Son serviteur  en disant : « J’ai effectivement déclaré la guerre à quiconque sera hostile à l'un de Mes bien-aimés… ». Ce dont il est question ici c’est la compagnie d’Allah, exalté soit-Il, qui protège le serviteur de façon à ce que ses organes ne font que ce qui Le satisfait. C’est un sens clair appuyé par « Je deviens l'oreille par laquelle il entend, l'œil avec lequel il voit …»

Il n’y a pas lieu ici de mentionner tous les textes et nous espérons que les exemples que nous avons donnés suffisent. Vous pouvez avoir plus d’explication en interrogeant la communauté sunnite de votre pays.

Et Allah sait mieux.   

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