Est-il permis au musulman d’offrir la récompense de sa prière surérogatoire à son père ou à sa mère après leur décès ?
Fatwa No: 88956

Question

Est-il permis au musulman d’offrir la récompense de sa prière surérogatoire à son père ou à sa mère après leur décès ? Est-ce permis ou bien il s'agit-il d'une bid’ah (innovation) ?

Réponse

Louange à Allah et que paix et la bénédiction d’Allah soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses compagnons :

 

Les savants divergent sur la question de savoir si l’on peut offrir la récompense de sa prière à une personne décédée et si cette récompense parvient à ce dernier. Certains savants sont d’avis que cette récompense lui parvient. Mais les chaféites et les malékites, affirment, au contraire, qu’elle ne lui parvient pas. Ils s'appuient sur la Parole d'Allah, exalté soit-Il  (sens du verset) : « et qu'en vérité, l'homme n'obtient que [le fruit] de ses efforts » (Coran 53/39)

 

Ils se sont appuyés également sur la parole du Prophète () :

 

« Quand le fils d'Adam meurt, ses œuvres s'arrêtent sauf trois choses : une aumône continue, une science dont les gens tirent profit et un enfant vertueux qui invoque Allah pour lui. » (Mouslim)

 

Ils ont dit que seule la récompense des trois bonnes actions mentionnées dans ce hadith parvient aux personnes décédées ainsi que le jeûne dont il est question dans un hadith rapporté par Boukhari et Mouslim d'après ibn 'Abbâs, et de son père.

 

S'ajoute à cela la récompense du Hadj et de l'aumône, car cela a été rapporté dans des hadiths authentiques. Quant au fait d’offrir la récompense de sa prière à une personne décédée, aucun texte légal n'a été rapporté à ce propos.

 

Nous vous conseillons de multiplier les invocations en faveur de vos parents, de faire l'aumône en leur faveur et de faire, si vous en avez les moyens, le Hadj pour eux après l'avoir accompli pour vous-même, car tout cela comporte de grands bienfaits.

Nous pensons toutefois que la récompense de tout acte d'adoration, quel qu'il soit, parvient au défunt, car toute personne qui fait un acte d'adoration en respectant ses conditions est seule maîtresse de sa récompense. Il lui est donc permis de l'offrir à la personne de son choix tant qu’il n’y a pas un empêchement qui empêche cette dernière d’en profiter.

Seule la mort du défunt en tant que mécréant ou le fait que l'acte d'adoration dont la récompense veut être offerte soit un acte obligatoire peut empêcher cette récompense de lui parvenir.

 

Et Allah sait mieux.

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