Est-il permis de faire un prêt à la banque pour rembourser les dettes contractées auprès de tiers ?
Fatwa No: 90514

Question

J’ai acheté il y a quatre ans une maison que je payais avec des versements mensuels au propriétaire. Lorsque je trouvais de la difficulté à les payer, j’empruntais à mes amis et à ma famille avec la promesse de rendre l’argent lorsque j’aurais fini de payer les versements de la maison. Mais ces temps-ci je fais face à deux problèmes :
Premièrement : je dois rembourser les emprunts auprès de mes parents et de mes amis.
Deuxièmement, je dois enregistrer la maison que j’ai achetée au Département d’enregistrement des biens immobiliers et payer une somme au gouvernement, sinon il se peut que je perde la maison. Je voudrais savoir si je suis autorisé à obtenir un prêt à intérêt de la banque et le rembourser en 4 ou 5 ans ?
Si d’après vous cet emprunt est illicite, la solution sera de vendre la maison à un prix moindre que celui que j’ai payé. Je vous saurais gré de me conseiller.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammad, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

 

L’emprunt usuraire n’est permis que dans le cas d’une nécessité absolue comme par exemple lorsque la personne est sur le point de périr parce qu’elle ne trouve pas les moyens de se nourrir, ou qu’elle est dans une gêne qui lui impose d’y recourir, comme le fait qu’elle ne trouve pas de vêtement ou de logement même en location. Dans ce cas, l’emprunt usuraire est permis conformément à ces paroles d’Allah, glorifié soit-Il (sens du verset) : « … maintenant que celles qui sont interdites vous ont été décrites en détail, à moins que vous ne soyez contraints d'y recourir? » (Coran 6/119)

L’acquittement des dettes n’est pas une des raisons qui autorisent l’emprunt usuraire parce qu’Allah oblige le créancier à accorder un délai à son débiteur en difficulté jusqu’à ce que sa situation s’améliore. Il lui a même fait comprendre que s’il renonce à sa créance et en fait une aumône, cela sera meilleur pour lui et dit (sens du verset) : « Si votre débiteur est dans la gêne, accordez-lui un délai jusqu'à ce qu'il soit en mesure de se libérer de sa dette. Si vous pouviez savoir pourtant quel mérite vous auriez en lui consentant une remise gracieuse, totale ou partielle ! » (Coran 2/280)

Si donc vous êtes incapable de vous acquitter de votre dette à votre famille et à vos amis, il leur est recommandé de patienter et d’attendre que vous puissiez vous en acquitter.

L’emprunt usuraire ne vous est donc pas permis et acquérir une maison n’est pas une nécessité qui l’autorise. Vous devez réaliser que l’usure est un péché grave, et une déclaration de guerre à Allah puisqu’Il dit (sens des versets) : « Ô vous qui croyez ! Craignez votre Seigneur et renoncez à tout reliquat d'intérêt usuraire, si vous êtes des croyants sincères ! * Et si vous ne le faites pas, attendez-vous à une guerre de la part d'Allah et de Son Prophète. Mais si vous vous repentez, vos capitaux vous resteront acquis. Ainsi, vous ne léserez personne et vous ne serez point lésés. » (Coran 2/278-279) Ce hadith a été confirmé dans le Sahih de Mouslim d’après Djâbir qui a dit : « Le Prophète () a maudit celui qui se nourrit de l'usure, celui qui la pratique pour autrui, celui qui rédige son contrat et ses témoins. Il a ensuite qu'ils sont égaux dans le péché.» L’affaire est donc grave et le musulman avisé ne se compromet pas dans ce genre de situation. Vous devez craindre Allah, glorifié soit-Il, et nous vous conseillons de faire l’invocation pour l’acquittement de la dette rapportée par al-Tirmidhî et approuvée et déclarée authentique par al-Albâni selon une narration de ‘Ali, qu'Allah soit satisfait de lui, qui dit qu’un esclave qui s’était mis d’accord avec son maître pour acheter son affranchissement lui dit : « Je me trouve incapable d’acheter mon affranchissement, aide-moi. » ‘Ali lui répondit : « Veux-tu que je t’apprenne des mots que m’a apprises le Prophète () qui feront qu’Allah s’acquittera de ta dette même si elle est aussi énorme que le mont Thabîr. » Tu dis ‘Allahumma Ikfini bi Halâlika `An Harâmik wa Aghnini bi Fadhlika `An Man Siwâk’ (Seigneur, accorde-moi suffisamment de subsistance licite pour me passer de l’illicite et suffisamment de faveurs de Ta part pour me passer des autres)’ »

 

Et Allah sait mieux.

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