Ne pas aimer son mari est-il un signe d’hypocrisie ?
Fatwa No: 90617

Question

Cela fait-il partie de l’hypocrisie de ne pas aimer mon mari qui n’applique pas les enseignements de l’Islam dans sa vie, qui ne respecte pas mon attachement à l’Islam, qui n’a ni principes ni qualités morales et qui s’énerve facilement ; bref qui n’est pas une bonne personne ? Et pourtant, il m’aime et prend soin de moi (quand il est de bonne humeur). Mais la seule chose que j’éprouve vis-à-vis de lui, c’est de l’indignation face à ses comportements. En dépit de l’intérêt que je lui porte en tant qu’épouse, je ne parviens pas à me contraindre à l’aimer à cause des traits de caractère que je viens de citer.

Réponse

Louange à Allah, et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

Ce n’est pas de l’hypocrisie de détester quelqu’un à cause de ses attitudes non conformes à la charia. Au contraire, il faut détester ces attitudes, car le fait d’aimer et de détester pour Allah, exalté soit-Il, est l’indice de la foi la plus robuste. Le Prophète () a dit : « La meilleure manifestation de la foi consiste à aimer et à détester pour Allah » (Ahmed). Cela s’applique à la relation entre les deux époux.Cependant, il faut conseiller celui qui commet ces infractions à la charia, surtout lorsqu’il s’agit d’une épouse avec son mari, car le fait de le réformer est un bien pour elle ici-bas et dans l’au-delà.

Si ces infractions constituent des actes qui rendent mécréants et que le mari ne revient pas à la raison, il ne faut pas que sa femme reste avec lui ni lui permette d'avoir des rapports conjugaux avec elle, et elle doit chercher à annuler le contrat de mariage.

Dans le cas contraire, nul grief de rester avec lui tout en continuant à le conseiller. Cependant, si elle craint en restant avec lui qu’elle soit victime d’un préjudice, nul grief de demander le divorce même en recourant au Khul'.

Et Allah sait mieux.

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