User de sorcellerie pour se marier et achat de cartes de crédit téléphonique
Fatwa No: 268795

Question

Bonsoir mes frères,
J'ai deux questions à vous poser :
1) Est ce qu'un homme musulman peut marabouter une femme musulmane juste pour la marier.
2) Dans mon pays qui est la Mauritanie, la banques accorde à ses clients des prêts islamiques dont la procédure est la suivante : je veux 1 000 000 ouguiya, elle appelle un fournisseur de cartes de crédit téléphonique pour acheter des cartes de ce montant et me donne les produits. C’est ensuite à mon tour de vendre ces cartes au même fournisseur en perdant un montant de 10 000 voire 30 000 ouguiya. Est-ce que cela est légal ?
Merci de votre disponibilité et qu’Allah vous bénisse. Âmin

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

Il ne fait aucun doute que la sorcellerie fait partie des péchés majeurs et capitaux. Il n’est pas permis à un musulman de la pratiquer ni de demander à ce qu’on la pratique pour lui ou encore de la pratiquer lui-même sur une femme dans le but de l’épouser.
Il est authentiquement rapporté que le Prophète () a dit : « Quiconque va trouver un devin ou un voyant et croit en ses paroles aura certes mécru en ce qui a été révélé à Mohammad. » (Ahmad, al-Hâkim) 'Imrân ibn Husayn a rapporté que le Prophète () a dit : « N’est pas des nôtres celui qui consulte les augures ou celui pour qui ils sont consultés, celui qui pratique la divination ou celui pour qui elle est pratiquée et celui qui pratique la sorcellerie et celui pour qui elle est pratiquée. » (Al-Tabarânî)

Pour ce qui est de votre seconde question, notre réponse est la suivante :
Si la banque a acheté réellement les cartes, qu’elle en a pris possession et qu’ensuite elle vous les a vendues plus cher que leur prix, alors il n’y a pas d’inconvénient à cela. Si vous vendez ces cartes à un prix inférieur auquel vous les avez achetées alors il n’y a pas de mal, que vous les vendiez à ce vendeur (le fournisseur) ou à un autre. Cependant il n’est pas permis que vous vous accordiez à procéder de cette manière, que cet accord s’effectue entre vous et la banque ou entre vous et le fournisseur de ces cartes. Il est mentionné dans le livre Minah al-Djalîl qui est le commentaire de l’ouvrage Mukhtasar Khalîl ce qui suit : « Si une première personne vend une marchandise à une deuxième et que celle-ci la vend à une troisième personne et qu’ensuite le premier vendeur l’achète à cette troisième personne, alors je dis que c’est permis. En revanche, si cette troisième personne a acheté le produit au premier acheteur à l’endroit même où celui-ci en a pris possession en présence du premier vendeur, puis que ce premier vendeur le lui a racheté au même endroit, alors la transaction est illicite. En effet, s’ils agissaient de la sorte ils seraient soupçonnés d’avoir utilisé la troisième personne pour les disculper, mais cela ne suffit pas à les disculper. Car il est certes possible que le vendeur dise à la troisième personne : “Achète cette marchandise que je lui ai vendue à quinze dinars à crédit en payant dix dinars comptant et je te la prends pour ce prix ou avec un supplément d’un dinar ; tu lui verses les dix dinars que je te rembourserai et tu n’auras rien à payer de ta poche”. L’affaire se termine par le retour de la marchandise à celui qui l’a vendu en premier puis l’a racheté pour dix dinars au comptant et il prendra pour celle-ci quinze dinars lors du terme fixé et donnera à la troisième personne un dinar pour l’avoir aidé à pratiquer l’usure. C’est ce qu’a mentionné Ibn Ruchd dans son commentaire du livre relatant ce qu’Ibn al-Qâsim a entendu de Mâlik () lorsque ce dernier fut questionné à ce sujet et dit qu’il n’y avait aucun bien dans cela. »

Et Allah sait mieux.

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