Celle qui se purifie de ses règles, fait ses grandes ablutions, pose une condition, puis constate des sécrétions vaginales et accomplit la ‘Umrah
Fatwa No: 288529

Question

J’avais formulé l’intention d’accomplir la ‘Umrah après m’être purifiée de mes menstrues. J’ai fait mes grandes ablutions avant notre voyage vers la Mecque, et je suis entrée en état de sacralisation à Qarn Al-Manâzil, en stipulant, dans mon intention, la condition suivante : ‘Si un empêchement me retient, mon lieu de désacralisation sera là où Tu m’auras retenue’, — car je craignais que les règles ne soient pas encore terminées — malgré le fait que c’était le dernier jour de mon cycle habituel. Nous sommes arrivés à l’hôtel avant la prière du soir et j’ai vu une sécrétion brunâtre (Kudra). J’ai considéré que cela provenait de mes règles, en fonction de ma connaissance. Je suis donc restée à l’hôtel jusqu’à l’aube, puis j’ai effectué mes grandes ablutions. Après les avoir faites, j’ai vu quelque chose, mais je n’étais pas certaine si c’était une Kudra. Cependant, j’ai privilégié que ce n’en était pas une, parce que d’habitude mon cycle ne continuait pas jusqu’à ce jour. Ensuite, j’ai fait la prière de consultation (salât istikhârah) à propos de la continuation de ma ‘Umrah. Allah a facilité mon départ après l’aube. J’ai alors renouvelé mon intention d’accomplir la ‘Umrah et j’ai dit : « Si quelque chose m’empêche de compléter […] », par mesure de précaution, une fois encore. J’ai ensuite accompli la ‘Umrah, Al-Hamdulillah (louanges à Allah). Est-ce que ma ‘Umrah est valide ? Aurait-il fallu que je me sacralise à At-Tan’îm ? En effet, j’ai lu une Fatwa similaire, mais le cas mentionné n’était pas exactement pareil au mien, car je n’ai pas quitté Qarn Al-Manâzil sans m’être sacralisée. J’ai renouvelé mon intention à La Mecque par la suite, après avoir vérifié que j’étais bel et bien purifiée. La circumambulation (Tawâf) est-elle valide, même s’il y a des sécrétions vaginales après que j’ai renouvelé les ablutions pour la circumambulation ? Veuillez bien me prodiguer votre avis religieux. Jazâkum Allah Khrair [qu’Allah vous récompense].

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons.

Pour déterminer la validité ou non de votre ‘Umra, il faut avant tout savoir si vous vous êtes purifiée ou non de vos règles. Si vous avez fait vos grandes ablutions après vous être assurée de l’arrivée de votre période de pureté par l’un de ses deux signes : le dessèchement total de la vulve ou le liquide blanc qui s’écoule après les règles. Ce qui apparaît ensuite, après les grandes ablutions, n’affecte pas votre [pureté rituelle], que ce soit des sécrétions jaunâtres ou des décharges brunâtres, tant et aussi longtemps que vous n’êtes pas dans votre période menstruelle habituelle. En effet, Umm ‘Atiyah, qu’Allah soit satisfait d’elle, rapporte : « Nous n’accordions aucune considération aux pertes jaunâtres ni aux sécrétions brunâtres, après la purification ». (Boukhari et Abû Dâwûd). Le texte est de ce dernier.


L’arrêt de l’écoulement de sang est vérifié par l’introduction d’un morceau  de coton blanc [ou quelque chose de semblable] dans l’orifice vaginal. S’il en ressort propre, c’est-à-dire qu’il n’est pas taché par du sang ou des sécrétions jaunâtres ou brunâtres, l’arrêt de la période menstruelle est constaté. En dehors de cela, la lubrification normale du vagin ne cause pas de problème, ni les sécrétions vaginales qui invalident les petites ablutions. Reportez-vous à la Fatwa numéro 144617 à propos d’une pèlerine qui a effectué le Tawaf (circumambulation) autour de la Maison sacrée, alors qu’elle avait de telles sécrétions.

Dans le cas où vous ne vous étiez pas assurée de votre pureté par l’un de ces deux signes, vous êtes considérée comme étant encore dans votre période menstruelle. Si les sécrétions brunâtres ont continué à un moment où vos règles ont normalement cessé, ce fait ne constitue pas une preuve que celles-ci sont bel et bien terminées. Vous devez avoir constaté visuellement votre pureté avant cela. Il est connu que la période menstruelle est parfois plus longue ou plus courte qu’à son habitude. Si vous avez effectué le Tawâf en ayant vos règles, celui-ci n’est pas valide, selon l’avis de la majorité des oulémas. Il vous incombe donc de retourner à la Mecque afin de compléter votre ‘Umrah. Vous n’avez pas à pas à vous rendre à al-Tan’îm, car vous êtes toujours dans votre premier état de sacralisation. Si vous êtes incapable de retourner à La Mecque, vous devez vous désacraliser à la manière d’un pèlerin qui a été retenu par un empêchement.

Mais dans la mesure où vous avec stipulé, lors de votre sacralisation, que si vous aviez un empêchement vous vous désacraliseriez à l’endroit où vous avez été retenue, vous le faites alors gracieusement.

Le Cheikh Al-’Uthaymîn, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit : « Si la femme se sacralise et que ses règles surviennent, sa sacralisation n’est pas invalidée. Non, elle demeure dans son état de sacralisation. La femme qui est entrée en état de sacralisation pour la ‘Umrah et qui est sortie de la Mecque sans avoir effectué le Tawâf  ni le Sa’i (va-et-vient entre Safa et Marwa, est toujours considérée comme étant en état de sacralisation. Elle doit donc retourner à la Mecque, effectuer le Tawâf  et le Sa’i et raccourcir ses cheveux, afin de sortir de son état de sacralisation. Elle est tenue d’éviter tous les interdits qu’imposent son état de sacralisation, — c’est-à-dire, se parfumer, se couper les cheveux ou les ongles, et approcher son mari, si elle est mariée —, jusqu’à ce qu’elle s’acquitte de sa ‘Umrah intégralement. Cela lui incombe, sauf si elle craignait l’arrivée de sa période menstruelle, et qu’elle a stipulé qu’elle pouvait sortir de son état de sacralisation à l’endroit où elle a un empêchement. Dans ce cas, rien ne lui incombe si jamais elle sort de son état de sacralisation [sans avoir complété son rituel] ».

Et Allah sait mieux.

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