Faire une aumône pour un parent décédé peut-il être considéré comme une aumône continue (sadaq djâriya) ?
Fatwa No: 312310

Question

Assalam alaykum,Au sujet de la sadaqa djarya qui profite même après la mort est-ce que cela signifie qu’il faut la faire de son vivant afin que cette sadaqa coure toujours après notre mort ? Si un vivant en fait une pour son parent décédé est-ce que cela rentre dans le même cas ?N’est-il pas préférable que l’enfant en fasse une pour lui en priorité, quitte à associer son défunt parent ?

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

La récompense de la sadaqa djâriya (aumône continue) et la sadaqa munqati'a (aumône discontinue) parvient à la personne décédée, et cela, que ces aumônes aient été faites par le défunt lui-même de son vivant ou par une autre personne après sa mort. Le Prophète () a dit :
«  Parmi les actes et les bonnes œuvres qui suivent le croyant après sa mort, figurent une science qu'il aura enseignée et divulguée, un enfant pieux qu'il aura laissé après lui, un exemplaire du Coran qu'il aura légué, une mosquée qu'il aura édifiée, une maison qu'il aura construite pour les voyageurs démunis, une rivière qu'il aura aménagée au profit des autres et une aumône qu'il aura prélevée sur ses biens encore vivant et en bonne santé. Toutes ces œuvres lui parviendront après sa mort.  » (Ibn Mâdja)

Ce hadith a également été rapporté par ibn Khuzayma et al-Bayhaqî. Al-'Adjalûnî a dit : « Le hadith a été rapporté par al-Tirmidhî avec une chaîne de transmission hasan et les savants s'appuyèrent sur lui et sur d'autres pour prouver la vertu de l'aumône faite en faveur du défunt. » (Kachf al-Khifâ')

Le Prophète () a dit :
« Quand le fils d'Adam meurt, ses œuvres s'arrêtent sauf trois choses : une aumône continue, une science dont les gens tirent profit et un enfant vertueux qui invoque Allah pour lui.  » (Mouslim)

Partant de cela, lorsqu'un enfant fait une aumône continue en faveur de ses parents après la mort de ces derniers, la récompense de cette aumône leur parvient, et cela, qu’il les ait associés à lui-même et à ses propres enfants ou autres, dans la récompense de cette aumône, ou qu'il la leur ait attribuée exclusivement.

Le mieux - et Allah sait mieux - est qu'une personne fasse tout d'abord une aumône pour elle-même puis une en faveur de ses parents tout en invoquant abondamment Allah en leur faveur et en L'implorant de leur pardonner, car un jour viendra où cette personne aura grand besoin de la récompense de ses bonnes actions et parce que l'invocation d'Allah en faveur des parents est plus souvent rapportée dans les textes de la révélation que l'aumône en leur faveur, en particulier dans le Noble Coran.

La personne peut aussi dédier la récompense de son aumône à ses seuls parents comme l'a fait un compagnon pour sa mère dans le hadith qui mentionne qu'un homme demanda au Prophète () : - « Ma mère est décédée sans laisser de testament, et je pense que si elle avait parlé, elle aurait demandé qu’on verse une aumône en son nom. Si je le fais en son nom, aura-t-elle une récompense ? » - « Oui, verse une aumône au nom de ta mère.  », répondit-il. (Boukhari)

Et dans une autre version, Sa’d ibn ‘Ubâda, qu'Allah soit satisfait de lui, a rapporté : « Je dis au Prophète () : "O Messager d’Allah, ma mère est décédée, puis-je faire l’aumône en son nom ?" - "Oui .", répondit-il. - "Quelle est la meilleure aumône ?" demandai-je alors. - "Donner de l’eau à boire ." répondit-il. » [Ahmad (al-Albânî : hasan)]

La personne peut aussi s'associer à eux dans la récompense de l'aumône qu'elle fait afin de tenir compte de la divergence des savants sur le caractère blâmable de faire preuve d'altruisme dans les actes d'adoration. Les savants dirent qu'il est permis d'associer quelqu'un dans la récompense d'une aumône. Ibn 'Âbidîn a rapporté d'après ibn al-Qayyim : « Il est permis de dédier la moitié ou le quart d'une récompense comme l'a mentionné Ahmad et rien n'interdit cela.

Il est clair que si une personne dédie (la récompense d'une bonne action) à quatre (personnes), chacune (de ces personnes) percevra un quart (de la récompense). Il en va donc de même si une personne dédie un quart (de la récompense d'une bonne action) à une autre personne et garde le reste de la récompense pour elle-même. » (Rudd al-Muhtâr)

Les oulémas dirent également qu'un des bienfaits d'Allah envers Ses serviteurs est que celui qui fait une aumône en faveur d'un défunt perçoit également la récompense de cette aumône. Al-Djamal a dit en commentaire du livre intitulé Charh al-Manhadj : « Notre imam a dit que lorsque quelqu'un fait une aumône en faveur d'un défunt, ce dernier en perçoit la récompense comme s'il avait fait lui-même cette aumône et de par la largesse de la grâce d'Allah, celui qui a fait l'aumône en perçoit également la récompense. »

Quoi qu'il en soit, la récompense de la sadaqa djâriya (aumône continue) et la sadaqa munqati'a (aumône discontinue) parvient au défunt et il est permis à une personne de dédier l'entièreté de l'aumône qu'elle fait à ses parents ou de s’associer à eux et d’en associer d’autres dans cette aumône Les possibilités sont nombreuses en la matière avec la permission d’Allah, exalté soit-Il.

 

Et Allah sait mieux.

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