Construire des mosquées sur des tombes et si Al-Baydâwi l'a encouragé
Fatwa No: 363622

Question

Qui était Qâdi Al-Baydâwi ? Un soufi l'a cité comme ayant dit : « Quiconque construit une mosquée près de la tombe d'une personne pieuse ou prie dans la tombe ou a l'intention de demander de l'aide par l'esprit de cette personne pieuse […], s'il fait tout cela sans avoir l'intention de la glorifier ou faire le Tawajjuh (diriger son attention) en sa direction (dans la prière), alors il n'y a rien de mal à cela. » Sharh al-Mishqât. Selon lui, Al-Baydâwi et le mollah Ali Qâri sont des soufis, car ils croyaient tous deux aux vertus d'adresser des demandes [à Allah] par l’intermédiaire de l'âme des morts.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

Il existe de nombreux textes qui interdisent de construire des mosquées sur des tombes et d'y faire des prières. Les principaux oulémas musulmans ont agi en accord avec ces textes.

Ibn Taymiyya, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit :

« En ce qui concerne les tombes et autres lieux similaires, les principaux oulémas musulmans ont convenu que cela ne fait pas partie de la religion de l'islam que de prier, de supplier ou autres sur ces tombes. Quiconque croit que la prière, la supplication ou le Dhikr (invocation divine) près de ces tombes est mieux que dans les mosquées a commis un acte de Kufr (incroyance). Au contraire, il existe de nombreux textes de la Sunnah (tradition prophétique) qui sont confirmés par Tawâtur (la chaîne des rapporteurs de ces Textes est constituée, à chaque niveau, d'un nombre tel de personnes qu'il est impensable qu'elles aient pu faire une erreur) sur l'interdiction de prendre les tombes comme mosquées. Il a été authentifié que le Prophète () a dit : ‘Qu'Allah maudisse les Juifs et les chrétiens qui ont pris les tombes de leurs prophètes comme lieux de culte.’ Il s'agit d'un avertissement clair contre ce qu'ils ont fait. ‘Âichah, qu’Allah soit satisfait d’elle, a dit : ‘Sans cela, sa tombe (celle du Prophète) aurait été imposante, mais il (le Prophète, ) éprouvait de l’aversion à propos du fait qu’elle puisse être considérée comme un lieu de culte (avant même qu'elle soit bâtie). » (Boukhari et Mouslim)

En outre, il a été rapporté qu'une église en Abyssinie a été mentionnée au Prophète () comment elle était belle et ornée d’icônes, et il a dit : « Ce sont des gens qui, lorsqu'un homme pieux mourait parmi eux, construisaient un lieu de culte sur sa tombe et y mettaient ces icônes. Ils seront les plus mauvais des êtres humains devant Allah, le jour du Jugement. » (Boukhari et Mouslim)

Il a également été rapporté de Jundub, , que le Prophète () a dit, cinq jours avant son décès : « Ceux qui sont venus avant vous ont pris les tombes comme lieux de culte. Ne prenez pas les tombes comme lieux de culte, car je vous l’ai interdit. » (Mouslim)

Aussi, dans le Musnad de l’imam Ahmad, le Prophète () a dit : « Parmi les personnes les plus mauvaises, il y a celles qui seront en vie lorsque viendra l'Heure dernière et ceux qui prennent des tombes comme lieux de culte. »

Il est également mentionné dans le Muwatta de l’imam Mâlik que le Prophète () a dit : « Ô Allah ! Ne transforme pas ma tombe en une idole qu’on adore ! Allah est extrêmement en colère contre les gens qui ont pris les tombes de Ses prophètes comme lieux de culte. »

Le Prophète () a dit : « Ne transformez pas ma tombe en un lieu de célébration et envoyez-moi vos salutations et vos bénédictions, où que vous soyez, car vos salutations me parviennent. »

Ibn Taymiyyah, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit : « En ce qui concerne les autres innovations, il y a quelques problématiques, parmi lesquelles : le fait de faire la prière près des tombes, en général ; prendre celles-ci comme lieux de culte et y construire des mosquées. Il y a des textes du Prophète () prouvés avec Tawâtur, sur l'interdiction de le faire et il y a une grave menace [qui pèse sur ceux qui le font]. En ce qui concerne la construction de mosquées sur les tombes, tous les oulémas des différentes écoles de jurisprudence ont affirmé que cela est interdit, conformément aux Hadiths (narrations). Les oulémas de notre école de jurisprudence (hanbalite), d'autres de l'école de Mâlik, d’Al-Châfi’i et d'autres également, ont affirmé que c'est interdit. Certains oulémas ont affirmé que cela est condamnable. Est-ce que cette condamnation équivaut à une interdiction ou seulement à une désapprobation ? Il ne fait aucun doute qu'elle indique une interdiction de manière décisive. »

Il est obligatoire, pour un musulman, de s’en tenir, très fermement, à ce qui a été authentifié dans les Textes révélés du Coran et de la Sunnah. En ce qui concerne l’Ijtihâd (raisonnement analytique) des oulémas et leurs opinions qui contredisent les textes authentiques, ils doivent être rejetés, peu importe qui les a dits. Ceci dit, il convient, en même temps, de chercher des excuses pour les oulémas, de penser du bien d’eux et de respecter leur position, car cela fait partie des obligations de la religion et de ses principes.

Concernant Al-Baydâwi, sa biographie rapportée dans les livres de Tafsîr (exégèse du Coran) dit qu'il se nommait Nâsir al-Dîn abu al-Khayr ʻAbdullah ibn ʻUmar ibn Muhammad ibn ʻAli Al-Baydâwi al-Chaafi’i et qu’il était originaire de la Perse.

Ibn Qâdi Chuhbah a dit dans son Tabaqât : « Il est l'auteur de nombreux ouvrages. C'est un savant azerbaïdjanais et un cheikh très par les habitant de cette région du monde. »

As-Subki a dit de lui : « C’était un imam exceptionnel, gentil, poli, pieux et un adorateur dévot. »

Ibn Habîb, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit : « Chacun des imams a fait l'éloge de ses œuvres. S’il n'avait eu d'autre œuvre que Al-Minhâj al-Wajîz, cela lui aurait suffi. Il a exercé les fonctions de juge à Chiraz et est décédé à Tabriz. As-Subki et Al-Isnawi ont affirmé qu'il est décédé en 691 de l’Hégire tandis qu’Ibn Kathîr et d'autres ont affirmé : ‘Il est mort en l’an 685 de l’Hégire’. Les plus importantes de ses œuvres sont : Al-Minhâj et son explication dans les principes fondamentaux du Fiqh (jurisprudence), Al-Tawâliʻ, dans les principes de la religion, et Anwâr al-Tanzîl wa Asrâr al-Ta'wîl dans le Tafsir (exégèse coranique). Ces trois livres sont les plus célèbres et les plus largement répandus parmi les oulémas. »

Quant à son supposé soufisme, nous n'en avons pas rencontré la mention dans sa biographie. Même dans la thèse écrite à son sujet intitulé : Al-Baydâwi wa Ârâʻihi al-Iʻtiqâdiyyah - ʻArd wa Naqd min Khilâl Tafsîrih (traduction : Al-Baydâwi et ses opinions liées au crédo - Présentation et critique à la lumière de son Tafsîr). Son auteur n'a rien mentionné à propos de son prétendu soufisme.

Concernant le Mullah Ali Qâri, l'auteur du livre intitulé Al-Bidâʻah al-Muzjâh liman yutâliʻ al-Mirqâh a dit, à propos de lui : « Il a adopté la méthodologie des 'Aliyyah Naqchabandiyyah, Qâdiriyyah et Jichtiyyah des Cheikhs de son époque. Il les a fréquentés assidument et il les a servis assidument. »

Quant à votre affirmation « ils croyaient tous deux aux vertus d'adresser des demandes [à Allah] par l’intermédiaire de l'âme des morts », le texte que vous avez cité ne l'indique pas.

Et Allah sait mieux.

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