Le mandataire peut-il prendre la différence du prix du qu’il a négocié
Fatwa No: 420079

Question

Je travaille pour une société et ma fonction consiste à acheter des dollars. Je négocie les prix d’achat avec plus d’un commerçant sachant que je ne néglige aucun effort pour obtenir le meilleur prix. Suite à cela j’informe le directeur qui décide auprès de qui je dois effectuer mes achats. Ce que je fais suite à sa décision. Si après cela je négocie encore avec le commerçant et obtient une réduction supplémentaire. Est-ce que je peux prendre cette différence sachant qu'il peut ne pas accepter de me faire cette réduction. J’ajoute à cela que cette négociation n’a lieu qu’après avoir négocié avec tous les commerçants sans en viser un en particulier ?

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

Vous n’êtes qu’un simple mandataire pour effectuer les achats. Et le mandataire doit agir en fonction des intérêts du mandant. Il n’est pas permis qu’il prenne quoique ce soit du prix sans que le mandant ne le sache et lui en donne la permission. Il ne vous est donc pas permis de prendre la différence du taux de change négocié sans que la société qui vous emploie ne le sache et qu’elle vous donne son accord pour ce faire.

Dans le livre Kashshâf al-Qinâ’ il est dit : « Si la mandant donne l’ordre au mandataire de lui acheter un mouton pour un dinar et que pour cette somme il lui en achète deux, ou qu’il lui en achète un pour moins d’un dinar alors cette vente sera valide. La différence du prix doit revenir au mandant en raison du hadith de ‘Urwa ibn Ja’d dans lequel le Prophète () l’a « envoyé acheter une bête avec un dinar une fois, et une autre fois il dit qu’il l’a envoyé acheter un mouton et qu’il lui en a acheté deux. Il a revendu un des deux moutons pour un dinar et revint au Prophète () avec un mouton et un dinar. Ce dernier invoqua la bénédiction en sa faveur si bien que s’il avait acheté du sable il en aurait tiré un bénéfice. » Fin de citation.

D’ailleurs, même ce qu’un client offre au mandataire lors de la conclusion de la vente doit revenir de droit au mandant. Alors qu’en est-il d’une réduction supplémentaire sur le prix ?

Il est dit dans al-Mughnî d’Ibn Qudâma al-Maqdisî : « Dans une version de Mihna, Ahmad a dit : Si un homme remet un vêtement à un autre pour qu’il le lui vende et que celui-ci le fasse et reçoive de l’acheteur un mouchoir, ce mouchoir appartient de droit au propriétaire du vêtement. Ce qui l’a conduit à dire cela est que le mouchoir n’a été offert qu’en raison de la vente. Le mouchoir représente donc un supplément au prix d’achat. Tout ajout qui est concédé sur le lieu de vente en fait partie. » Fin de citation.

Dans une fatwa du Comité permanent des recherches islamiques et de la délivrance des fatwas, il est dit : « J’ai chargé un homme de m’acheter une marchandise qui coûte cinq guinées par exemple. Mais le propriétaire de la marchandise lui a laissé pour quatre guinées et demi. L’homme auquel j’ai confié la charge d‘acheter la marchandise a-t-il le droit de prendre la différence qui est d’un demi guinée ou non ? La réponse : Ceci est considéré comme un mandat. Et il n’est pas permis au mandataire de prendre quoique ce soit de l’argent du mandant sans son accord. Ceci en vertu des hadiths qui interdisent de prendre les biens du musulman s’il ne l’accepte pas de bon cœur. » Fin de citation.

Et Allah sait mieux.

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