Un musulman suit la vérité, quelle que soit l’école de jurisprudence à laquelle il adhère
Fatwa No: 423139

Question

Al-Salâmu ‘Alaykum wa Rahmatu Allahi wa Barakâtuhu (que la paix, la miséricorde et les bénédictions d’Allah soient sur vous). À partir de votre site, j’ai téléchargé des livres pour les femmes et d'autres livres, mais j’adhère au Madh-hab (école de jurisprudence) Hanafite. M'est-il permis de les lire ? [Les Madh-habs] ne présentent-ils pas des différences ?

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Il n'y a rien de mal à lire ces livres, même si leurs auteurs ne suivent pas le même Madh-hab que vous. Il n'est pas interdit à un musulman ordinaire et qui n’a pas la capacité de reconnaître les preuves ou de distinguer les avis prépondérants, qui adhère à un certain Madh-hab, de lire les livres de d'autres Madh-habs ou des livres religieux et pédagogiques généraux rédigés par des chercheurs de différents Madh-habs. Notre site internet n’adhère pas un Madh-hab spécifique. Nous émettons nos Fatwas (avis religieux) en fonction de ce que nous pensons être correct. Nous puisons dans tous les Madh-habs et tirons parti de chacun.
En fait, les divergences d’opinions entre les quatre Madh-habs se situent principalement dans les questions subsidiaires. Celles-ci n’entrainent pas de divergences majeures entre les musulmans au point de les empêcher de lire les livres des uns et des autres. De plus, ces quatre Mahd-habs ne sont pas une fragmentation de l'islam en différentes sectes, pas plus qu'elles n'introduisent de nouvelles législations à la Charî'a (législation islamique). Ce ne sont que des méthodologies pour comprendre la Charî'ah, des méthodes d'interprétation de ses Textes et des moyens d’interpréter les décisions religieuses provenant des sources de la Charî'a : le Coran, la Sunna, I’Ijma’ (consensus des oulémas) et le Qiyâs (analogie déductive).
Les gens peuvent être classés en trois catégories en fonction de leur approche face aux différents Madh-habs : deux catégories aux extrémités et une troisième au milieu. A une extrémité, la première catégorie comprend les personnes qui dénoncent absolument l'adhésion à un Madh-hab et le Taqlîd (suivre l’avis religieux d’un savant appartenant à un certain Madh-hab sans nécessairement en connaitre les preuves) et ce, même pour un musulman ordinaire qui n'a pas de connaissances religieuses adéquates lui permettant de comprendre les preuves de la Charî'a par lui-même. Ils vont à l'extrême, en dénonçant l'adhésion à tout Madh-hab, au point de prétendre que les opinions des grands Imams, leurs raisonnements indépendants et leurs compréhensions des textes religieux  n'ont aucun poids ou ont le même poids que leur propre compréhension. Il ne fait aucun doute que cette catégorie est à blâmer. En fait, la vérité que nous indiquent le Coran et la Sunna est reconnue par nul autre que ces imams.
Al-Châtibi, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit dans la conclusion de son livre Al-I'tisâm :
« S'il est établi que l'objectif ultime est d'atteindre la vérité, plutôt que de suivre les opinions des oulémas, il est également établi que la vérité ne peut être connue sans leur aide. C'est plutôt à travers eux que la vérité peut être atteinte, car ils sont les guides sur le chemin de celle-ci. » [Fin de la citation]
A l'autre extrémité se trouve la deuxième catégorie qui appelle au Taqlîd absolu et à l'adhésion à un Madh-hab spécifique, même en ce qui concerne ce qui est prouvé comme contrevenant au Coran ou à la Sunna, selon les opinions même de l’imam du Madh-hab qu’ils suivent. Ils interdisent également de suivre les opinions des oulémas de tout autre Madh-hab. Il ne fait aucun doute que cette catégorie est à blâmer également.
La catégorie du milieu (modérée) est celle qui invite à rechercher la direction de tous les imams. Cette catégorie invite [les musulmans] à bénéficier de leur compréhension des Textes de la Charî'ah, à étudier leurs Madh-habs, à adopter ce qui fait consensus parmi eux et à suivre les opinions des autres oulémas lorsqu'elles sont étayées par des preuves - si la personne peut évaluer les preuves par elle-même - tout en cherchant des excuses pour eux (en ce qui concerne leurs divergences d'opinion). Cette catégorie ne condamne pas non plus un musulman ordinaire pour avoir choisi de suivre l'un des Madh-habs tant qu'il n'est pas en mesure d'acquérir des connaissances religieuses et de rechercher, lui-même, les preuves à l'appui des décisions auxquelles il se conforme.
Et Allah sait mieux.

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