Si on pardonne à celui qui nous a fait du mal, sa responsabilité est dégagée à notre égard, mais le droit d’Allah sur lui reste entier
Fatwa No: 423157

Question

As-Salâmu ‘Alaykum (que la paix soit sur vous). Contexte :Mon père et mon oncle (le seul frère de mon père) ont récemment partagé entre eux des richesses héritées. Au moment de la distribution, toute ma famille (à l'exception de notre père) n'avait pas de bonnes relations avec notre oncle, en raison de certains affrontements.Mon père et moi sommes allés chez mon oncle pour la distribution des richesses. Nous avons demandé qu’elle soit faite à part égales. Le terrain le plus précieux était alors en possession de notre oncle. Mon père a demandé de séparer ce terrain en deux parties, mais mon oncle n'était pas d'accord. Il a dit qu'il ne le donnerait pas et qu’il quitterait la ville si on le demandait. Il nous a alors donné un terrain beaucoup moins cher. Bien que la superficie totale des terres divisées entre eux soit égale, la valeur marchande diffère substantiellement : la part des terres de mon oncle est de 75% et la nôtre de 25%.À cette époque, mon père était très en colère contre son frère pour cette distribution (inéquitable), mais il dit maintenant qu’il les lui a données volontairement, de sorte que nous ne devrions pas les exiger.Question :1) Cette distribution est-elle correcte ?2) Quelle devrait être notre position à propos de notre père ?3) Mon oncle sera-t-il puni pour cet acte, car il sait que les terres qu’il possède sont plus précieuses ?Jazâka Allahu Khrairan (qu’Allah vous récompense).

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Tout d'abord, nous disons que ces questions qui impliquent des différends entre les héritiers devraient être renvoyées aux tribunaux islamiques (dans les pays musulmans), car elles nécessitent un règlement judiciaire, plutôt qu'une Fatwa (avis religieux).
Cependant, nous pouvons fournir les directives suivantes :
Si les parties de la terre héritée varient en valeur, il est injuste de les répartir également entre les deux fils, sur la base de la superficie, de telle sorte que l'un d'eux obtienne la partie avec la valeur la plus faible et l'autre obtienne celle avec la valeur plus élevée. Il s'agit d'une division injuste et l'injustice, à cet égard, est liée à deux droits, à savoir, le droit d'Allah, le Très-Haut, qui a interdit l'injustice pour Ses serviteurs et le droit de la personne lésée, à qui l’on a donné de force, moins que sa part légitime de l'héritage. La personne lésée a le choix de pardonner, si elle le souhaite, ou d'exiger son droit. Etant donné que la personne lésée a pardonné cette injustice passée et a volontairement renoncé à son droit en faveur de son frère, la responsabilité de celui-ci a été dégagée et il ne sera pas puni pour cela le Jour de la Résurrection. Cependant, il est toujours responsable du droit d'Allah, le Très-Haut. Il peut lui pardonner ou le punir, s'Il veut l’un ou l’autre.
Le savant chaféite Ibn 'Allân, qu’Allah lui fasse miséricorde, a affirmé, dans Al-Futûhât al-Rabbâniyyah 'ala al-Adhkâr an-Nawawiyyah :
« Si la personne lésée a pardonné l'injustice et a exonéré la personne qui lui a fait du tort, la responsabilité de la personne injuste est dégagée du droit de la personne lésée, mais le droit d'Allah demeure (il en sera tenu responsable le Jour du Jugement dernier). » [Fin de la citation]
Ceci est la réponse à votre question, « Mon oncle sera-t-il puni pour cet acte ? » Comme indiqué ci-dessus, cette question sera tranchée par Allah, le Très-Haut. Il peut alors lui pardonner s'Il le veut ou le punir s'Il le veut, à moins qu'il ne se repente sincèrement à Allah. S'il se repent, Allah, le Très-Haut, acceptera son repentir et pardonnera ses péchés par Sa Miséricorde et Sa Grâce.
Quant à votre position à l'égard de votre père, vous n'avez pas d'autre choix que de lui obéir et de vous montrer dévoué envers lui. Vous n'avez pas le droit de réclamer ce qu'il avait abandonné à son frère parce qu'il avait renoncé à son propre droit et non au vôtre. Cependant, cette règle ne s'applique pas si votre père a renoncé à son droit lors d'une maladie mortelle qui allait probablement se terminer par son décès. Il en est ainsi parce que la renonciation à des droits est, en substance, un don. Mais un don fait lors d'une maladie mortelle qui risque de se terminer par le décès du donateur ne peut excéder un tiers de la valeur de l’héritage. Ce qui se situe au-delà du tiers doit d'abord être approuvé par ses héritiers. Donc, s'il a renoncé à son droit (face à son frère) lors d'une maladie mortelle susceptible de se terminer par la mort, et que ce droit abandonné représentait plus du tiers de la succession de votre père, vous avez le droit de réclamer ce qui dépasse le tiers du patrimoine.
Et Allah sait mieux.

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