Avoir pour ami et associé un voyant
Fatwa No: 88162

Question

J’ai un camarade devin qui vit en Angleterre. Je ne crois pas en ce qu’il fait et je ne m’associe pas à ses œuvres mais il a un commerce important : vente, achat et gestion de biens immobiliers. Je demande :
1) Puis-je continuer à l’avoir pour ami ?
2) Est-il permis que je m’associe à lui pour une certaine transaction commerciale ?2) J’ai un problème financier et j’ai essayé de toutes les manières de le résoudre sans résultat. Un des choix pour moi est de lui emprunter une somme. Puis-je prendre cet argent de lui en sachant que certaines de ses sources sont illicites parce qu’elles proviennent de la divination ?

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses compagnons :

Si votre ami est comme vous le dites, vous devez en premier lieu le dissuader de ces actes gravement répréhensibles parce que le devin prétend connaître le futur et certaines choses comme l’endroit où se trouve ce qui est volé ou égaré etc. Le Prophète () a dit :
« Quiconque s’adresse à un voyant pour l’interroger sur quelque chose et croit à ce qu’il lui dit, sa prière sera rejetée durant quarante jours. » [(Mouslim)]

Vous devez le dissuader de se livrer à ce charlatanisme et ces duperies envers les gens. S’il les délaisse c’est bien sinon il n’y a rien de bon dans cette amitié. Le Prophète () a dit : «  Ne fréquente que les croyants et n'invite que les hommes pieux à manger ta nourriture »  [(Abû Dâwûd, al-Tirmîdhi, Ibn Hibbân d’après Sa‘îd al-Khudry, qu'Allah soit satisfait de lui, hadith Hasan)]

Quant au commerce avec lui, vente et achat, il n’y a aucun mal à cela. Le Prophète () faisait des transactions avec les juifs qui pratiquaient la sorcellerie, le charlatanisme et la divination. Il est mort alors que son armure est en gage chez un juif.

Si vous savez qu’en refusant de commercer avec lui, il cessera ces pratiques, vous devez le délaisser car ce sans quoi une obligation ne peut être accomplie, devient lui-même une obligation.

Quant à lui emprunter de l’argent, les savants ont distingué trois cas pour les biens dont certains ont une source licite et d’autres une source illicite :

Le premier est celui dont les biens ont une source entièrement illicite : toute transaction avec lui tels l’emprunt, la vente et l’achat sont interdits et même l’acceptation de cadeaux et autres.

Le deuxième cas est celui dont les biens ont une source entièrement licite : les transactions avec lui sont permises.

Le troisième cas est celui dont les biens ont une source à la fois licite et illicite et qu’ils se mélangent. Les savants ont divergé à ce sujet. Certains ont dit que dans ce cas les transactions et l’emprunt sont permis si l’argent licite prédomine. D’autres ont estimé ces transactions détestables, que cela soit un emprunt, une vente ou autre et c‘est l’avis prédominant conformément à ces paroles du Prophète () :
« Les choses licites sont bien définies et les choses interdites sont bien définies. Entre les deux il y a des choses équivoques que peu de gens connaissent. Celui qui s'est mis à l'abri des choses équivoques a tout fait pour blanchir sa foi et sa réputation et celui qui s'y est laissé tomber finira par tomber dans les choses interdites. » [Boukhari et Mouslim)]

Emprunter de l’argent à cet homme fait partie des choses équivoques parce que certaines sources de son argent sont illicites, il vaut donc mieux pour vous ne pas lui emprunter et peut-être qu’Allah vous permettra de trouver un autre moyen de financement.

Et Allah sait mieux.  

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