La tentation, l'épreuve et le chatîment
Fatwa No: 88273

Question

Comment le croyant peut-il savoir si les malheurs qu’il subit sont une épreuve de la part d'Allah, exalté soit-Il, qui vise à effacer ses péchés et à le récompenser dans l'au-delà ou si au contraire ils sont un châtiment d'Allah, exalté soit-Il, en raison des péchés qu’il a commis ?
Comment doit-on réagir face à une épreuve et comment savoir s'il s'agit d’un châtiment ou uniquement d'un test ? Même chose pour les bienfaits. Comment déterminer s'il s'agit d'une récompense ou d'une épreuve ? L'homme doit-il s'en réjouir, remercier Allah, exalté soit-Il, et profiter de Ses bienfaits ou doit-il implorer le pardon d'Allah, exalté soit-Il, pour ses péchés et craindre que ces bienfaits ne soient pas un signe de la satisfaction d'Allah, exalté soit-Il ?

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses compagnons :

 

Les malheurs subis par le serviteur peuvent élever son rang, le châtier pour ses péchés ou expier ces mêmes péchés. Toutes ces choses sont interdépendantes et il n'y a aucun bénéfice à distinguer ce qui relève du châtiment de ce qui relève de l'épreuve. En effet, l'homme doit faire preuve de patience dans les deux cas. S'il s'agit d'un châtiment, cela expiera ses péchés.

 

Le Prophète () a dit :

 

« Lorsqu'Allah veut du bien à Son serviteur, Il hâte son châtiment dans ce bas monde ; et s'Il lui veut du mal, Il S'abstient de le châtier pour ses fautes afin qu'il reçoive pleinement son châtiment le Jour de la Résurrection. » (Ahmad, al-Tirmidhî)

 

Et s'il s'agit d'une épreuve, le serviteur est élevé en rang. Le Prophète () a dit :

 

« Plus l’épreuve est grande, plus la récompense est importante. Quand Allah aime un peuple, il le met à l’épreuve. Celui d’entre eux qui l’accepte avec satisfaction, verra Allah satisfait de lui, et celui qui s’exaspère encourra le courroux d’Allah. » (al-Tirmidhî : hasan)

 

Les malheurs qui font suite à un péché sont a priori un châtiment. L'homme commet certes de nombreux péchés. Il ne doit pas penser qu'il n’en commet pas. Il ne doit pas penser non plus que les afflictions qui le touchent ne sont pas la conséquence d'un péché.

 

Il en va de même pour les bienfaits. Le serviteur doit exprimer sa reconnaissance envers Allah, exalté soit-Il, avec son cœur, sa langue et les membres de son corps pour les nombreux bienfaits dont il jouit dans ce bas monde.

 

Il doit aussi craindre le fait que ces bienfaits ne soient une épreuve, car il n'est pas à l'abri des épreuves. Allah, exalté soit-Il, dit (sens du verset) : « Sont-ils à l'abri du stratagème d'Allah ? Seuls les gens perdus se sentent à l'abri du stratagème d'Allah. » (Coran  7/99)

 

Il n'y a donc aucune contradiction entre le fait d'être reconnaissant et de profiter des bienfaits, et le fait de craindre Allah, exalté soit-Il, et d'implorer Son pardon. Le serviteur doit combiner les deux.

 

Toutefois, il est plus que probable qu'un bienfait soit une épreuve si le serviteur commet de nombreux péchés. Le Prophète () a dit :

 

« Si vous voyez Allah donner a son serviteur des bienfaits de ce bas monde alors qu’il continue à lui désobéir, sachez que ce n'est que pour l'amener par degrés vers le châtiment. »

 

Puis le Prophète () a récité le verset (sens du verset) :

 

« Puis, lorsqu'ils eurent oublié ce qu'on leur avait rappelé, Nous leur ouvrîmes les portes donnant sur toute chose (l'abondance) ; et lorsqu'ils eurent exulté de joie en raison de ce qui leur avait été donné, Nous les saisîmes soudain, et les voilà désespérés. » (Coran 6/44) [Ahmad, al-Tabarânî (al-Albânî : sahîh)]

 

Et Allah sait mieux.

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