Elle n'éprouve aucun amour ni respect pour sa mère qui l'avait négligée durant son enfance
Fatwa No: 90201

Question

Mon père est décédé lorsque j'avais 2 ans. Ma mère s'est ensuite remariée et m'a laissé avec ma grand-mère et ma tante maternelle refusant de m'élever. Depuis cette époque, j'ai grandi dans le giron de ma grand-mère et de ma tante maternelle que je considère comme mes parents. Durant cette période, je n'ai reçu aucune attention de la part de ma mère. Je n'éprouve dès lors aucun amour ni respect pour ma mère sans toutefois la détester. Le fait qu'elle m'ait traité comme un étranger fait qu'elle ne me manque aucunement.
J'ai aujourd'hui 22 ans et j'étudie à la faculté. Depuis peu, ma mère s'est mise à me rendre visite là où j'habite et essaye de rester avec moi, mais je n'éprouve aucune envie de lui parler. Mes amies me disent que je ne dois pas la traiter comme une étrangère et que je dois essayer de l'aimer. Je leur ai expliqué la raison de tout cela et le fait que j'avais vécu toute ma vie sans elle, sans amour de sa part et qu'elle m'avait négligée durant mon enfance. Comment dois-je donc me comporter dans une telle situation? Suis-je fautive ? Comment dois-je traiter ma mère et comment puis-je l'aimer comme une vraie mère ?

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

 

L'Islam accorde une grande importance au statut de la mère qui a un droit immense sur son enfant. En effet, c'est elle qui l'a porté dans son ventre, l'a allaité et a pris soin de lui lorsqu'il n'était encore qu'un bébé. Allah, exalté soit-Il, dit (sens du verset) : « Nous avons commandé à l'homme [la bienfaisance envers] ses père et mère; sa mère l'a porté [subissant pour lui] peine sur peine : son sevrage a lieu à deux ans." Sois reconnaissant envers Moi ainsi qu'envers tes parents. Vers Moi est la destination. » (Coran 31/14)

Abû Hurayra, qu'Allah soit satisfait de lui, a rapporté qu’un homme vint demander au Messager d'Allah () : - « Quelle est la personne qui mérite le plus que je la traite bien ? » - « Ta mère. », lui répondit-il. - « Qui d'autre ? », continua l'homme. - « Ta mère. », dit-il. - « Qui d'autre ? », poursuivit l'homme. - « Ta mère. », dit-il. - « Qui d'autre ? », demanda-t-il. - « Ton père. », répondit-il alors. (Boukhari, Mouslim)

Vous avez donc l'obligation de faire preuve de bienfaisance envers votre mère et de prendre garde que ses manquements à votre égard ne vous poussent pas à être désobéissante envers elle. Il est déjà bien de ne pas la détester ou lui nuire, mais vous ne pouvez pas non plus vous détourner d'elle ou vous comporter avec elle de manière irrespectueuse, car ce serait sans aucun doute une erreur de votre part. Efforcez-vous donc de bien vous comporter envers elle.Pour vous aider à l'aimer, vous pouvez vous rappeler le statut que l'Islam lui donne et le fait que la satisfaire est un moyen d'obtenir le bonheur éternel au Paradis. Le Prophète () a dit : « La piété filiale est la clé de la meilleure porte du Paradis, si tu veux, tu peux préserver l'opportunité d'y entrer par cette porte, ou la perdre. » (al-Tirmidhî)

Nous attirons ici votre attention sur le fait que la mère qui se remarie perd la garde de ses enfants qui revient dès lors à la femme qui en est la plus digne après elle, qu’il s’agisse d’une mère ou autre. 'Umar ibn al-'Âs a rapporté qu'une femme dit : - « O Messager d'Allah ! Mon fils que voici a été conçu dans mon ventre, mon giron était son refuge et je l'ai allaité, mais son père prétend me l'arracher ! » - « Tu mérites plus que lui de le garder tant que tu ne te seras pas mariée. », lui dit le Prophète. (Abû Dâwûd)

Il se peut donc que ce soit la raison pour laquelle votre mère vous a confiée à votre grand-mère et votre tante maternelle.

 

Et Allah sait mieux.

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