Accomplir une deuxième prière en commun dans la mosquée après l’achèvement de la première prière en commun principale
Fatwa No: 198145

Question

Salam alaykoum, je suis rentré ainsi que d'autres frères apres le taslim de salat al-icha, et nous avons fait cette salat en groupe. L'imam nous a dit qu'il n'était pas permis de la faire en groupe, et qu on devait la faire individuelemnet. Je tiens à vous dire qu'il nous a conseillés avec une mauvaise manière et il nous a meme dit que si on était au Maroc, ils nous auraient foutu dehors. Il a dit que l'imam Malik a interdit de faire deux salats en groupe dans la mosquée ; autre chose , j'ai constaté que cet imam se comportait d'une manière arrogante et qu il disait des fois des choses sans fondement et sans sagesse, et ce comportemnt me deplait et je ne suis pas le seul, je suis loin d'etre un savant mais la vérité est la vérité, d ailleurs dans cette mosquée, les responsables parlent fort, rigolent fort, disent des futilités, etc. La dernière fois un frère leur a parlé et l'un d'eux lui a repondu que pour parler il devait payer d'abord 20 euros par mois en lui manquant de respet. Tout cela me fait soufrir et m'énerve, parce que comment voulez-vous vous concenter dans ces circonstances pour lire, prier des nawafil, etc. Maintenant qu'allah me pardonne, je déteste l'un des responsables, je le salue mais je ne supporte meme pas de lui parler ni de le regarder. D ailleurs pratiquement tout le monde le déteste et le pire c est qu il pense oeuvrer corectement, Allah a'lam...svp aidez-moi et dites-moi comment dois-je me comporter et si mes sentiments sont haram ? (hamdulillah je ne le déteste pas au point de le voir en enfer, parce qu'il est musulman et qu allah nous guide et nous pardonne)jazakoum allah khairan

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète.

Accomplir une deuxième prière en commun dans la mosquée après l’achèvement de la première prière en commun principale est une question au sujet de laquelle les oulémas -qu’Allah leur accorde Sa Miséricorde- ont deux avis différents: 

Le premier :  Il est abhorré de refaire une prière en commun dans la mosquée où il y a un imam désigné pour y diriger la prière. Les partisants de cet avis avancent comme preuve le hadith rapporté par l’imam al-Tabarani et selon lequel : « Le Prophète () est survenu des alentours de Médine pour prier dans sa mosquée, mais il a trouvé que les gens y avaient déja accompli la prière, alors il s’est orienté vers sa maison, a rassemblé sa famille et a prié avec eux. » Si le Prophète () ne savait pas qu'il est  abhorré de refaire la prière en commun dans la mosquée, il ne l’aurait pas abandonnée, car il est () le premier à savoir le mérite de la prière en commun dans la mosquée et spécialement dans la sienne où la prière est meilleure que mille prières faites dans une autre mosquée exception faite de la Mosquée Sacrée, conformément au hadith rapporté par à la fois par Boukhari et Mouslim. 

Selon  ces mêmes partisants l'autorisation de la répétition de la prière en commun dans la même mosquée entrainerait la diminution du nombre de fidèles lors de l'accomplissement de la prière en commun principale : les gens ne vont pas se précipiter pour participer à la prière en commun principale s'il savent qu'ils auront la possibilité d'assister à une deuxième et pourquoi pas à une troisième ! Mais s’ils savent qu'il n'y aura qu'une seule prière en commun à une heure fixe, ils feront tout pour ne pas la rater. Or tout ce qui entraine la diminution du nombre de fidèles est abhorrée.  Ce premier avis est celui de la la majorité des jurisconsultes et c'est le seul avis retenu par les Hanafites, les Malikites et les Chafiites avec quelques conditions spécifiques à chaque école. 

Le second :  La répétition de la prière en commun n’est pas abhorrée dans la mosquée où il y a un imam désigné, à fortiori dans celle où l’imam n’est pas désigné. Cet avis est celui adopté par les Hanbalites  lesquels avancent comme preuve pour le soutenir le hadith dans lequel le Prophète ()  dit : « La prière collective est préférable à la prière individuelle de vingt-sept degrés. » (Boukhari et Mouslim).

 
L’imam Ibn Qudâma a dit : « Il n’est pas abhorré de refaire la prière en commun dans la mosquée, cela signifie que si l’imam de la cité a accompli la prière, puis un autre groupe survient, il est désirable qu’ils prient en commun. C’est l’avis d’Ibn Mas'ûd, Atâ, al-Hasan, al-Nakha'ï, Qatada et Ibn Ishaq. Alors que Salim, Abû Qulaba, Ayyûb, Ibn Awn, al-Layth, al-Thawri, Malik, Abû Hanifa, al-Awza'i et al-Châfi'i ont dit qu’il est abhorré de refaire une prière en commun dans la mosquée où il y a un imam désigné, dans un lieu qui n’est un chemin de passage des gens, et que celui qui trouve que la prière en commun s’est achevée, qu’il prie seul, afin que cela n’aboutisse pas à la discorde, à la désunion et à la négligence de la prière en commun avec l’imam et parce que c’est une mosquée où il y a un imam désigné, il est abhorré d’y refaire la prière en commun, comme la mosquée du Prophète ().
Nous (hanbalites) avons comme preuves les hadiths suivants : « La prière collective est préférable à la prière individuelle de vingt-sept degrés. » rapporté par Boukhari et Mouslim. « Un homme est venu alors que le Prophète () a prié ; il a dit : "Qu’un homme fait une bienfaisance à celui-ci en priant avec lui !" » rapporté par Abou Daoud et al-Athram qui a ajouté : « Quand ils ont prié, le Prophète () a dit : « Et ces deux-là sont un groupe ! » » Et du moment qu’il peut prier en commun, il est désirable qu’il le fasse comme s’il était dans une mosquée sur le chemin des gens… »
L’imam al-Tirmidhi a dit : « C’est l’avis de plusieurs oulémas parmi les Compagnons du Prophète () et des Tâbi'in qui ont dit : Il n’y a aucun mal que les gens prient en commun dans une mosquée où la prière en commun a été accomplie, et c’est aussi l’avis de Ahmed et Ishaq ; alors que d’autres oulémas ont dit qu’ils prient individuellement et c’est l’avis de Sufian, Ibn al-Mubârak, Mâlik et al-Châfi'i. »

Quel que soit l’avis, l’imam n’avait pas à réprimander ceux qui ont accompli une deuxième prière en commun, mais il devait leur éclaircir son avis sur la question avec douceur et sans brutalité. Le Prophète () a dit : « Allah octroie par la clémence et la douceur ce qu’il ne donne pas par la violence ». (Muslim) Il a dit aussi : « La douceur embellit toute chose par sa présence et l'enlaidit par son absence.» (Muslim.)

Quant au fait de seulement parler et de rire sans déranger ceux qui sont dans la mosquée, c’est autorisé car l’imam Muslim a cité le Compagnon Djâbir (Radhia Allahou Anhou) a rapporté ceci : « Ils (Compagnons) discutaient (dans la mosquée) sur les évènements de la Djahiliya et riaient, tandis que le Prophète () se contentait de sourir. »
Mais si la conversation dans la mosquée se déroule sur un ton haut et dérange les prieurs ou les récitants du Coran, alors c’est un acte abhorré et peut même être interdite, car cela est contradictoire avec les règles de bienséance de la mosquée ainsi que le respect et la vénération qui doivent lui être dues ! En sus, cela fait ressembler les mosquées aux marchés, aux souks, et aux lieux du vacarme et des clameurs publiques.
L’imam al-Nawawi a dit : « Il est abhorré d’élever la voix ou de se disputer dans les mosquées ou d’y chercher une chose égarée. »
L’imam Muslim a rapporté que le Prophète () a dit : « Que se placent derrière moi les gens de raison puis ceux qui les suivent puis ceux qui les suivent (trois fois) et prenez garde aux troubles et confusions des marchés. » L’imam An-Nawawi a dit : « C'est-à-dire la mixité qu’il y a, ainsi que les disputes, l’élévation des voix, les clameurs et les tentations. »
On craint pour celui qui a l’habitude d’élever sa voix dans la mosquée qu’il soit concerné par le hadith du Prophète () suivant : « Dans les derniers temps, il y aura des gens qui vont s’asseoir dans les mosquées en plusieurs cercles, leur but est uniquement temporel, ne vous asseyez pas avec eux car Allah ne leur accorde aucun intérêt. » (al-Tabarani)
Il faut se méfier de dévier les mosquées des objectifs pour lesquels elles ont été construites, de sorte qu’elles soient assimilées aux marchés, car elles ont été bâties pour invoquer Allah, y prier et réciter le Coran.

Nous recommandons à celui qui nous a posé la question de conseiller ces responsables de la mosquée qui l’irritent avec douceur et sagesse, de s’éloigner de toute forme de violence ou brutalité en leur parlant, d’éviter de trop les haïr car le musulman doit être aimé et non haï !
Quand le musulman est éprouvé par des péchés, on doit l’aimer pour ses bienfaits et ses dévotions et haïr ses péchés et transgressions. Et puis le musulman s’arme toujours de patience en fréquentant les gens surtout ceux qui ont un mauvais comportement, d’ailleurs le Prophète, , a dit : « Le croyant qui fréquente les gens et endure leurs méfaits a une récompense plus importante que celui qui ne fréquente pas les gens et n’endure pas leurs méfaits. » (Ahmed, Abou Dawoud et Ibn Mâdjah)

Et Allah sait mieux

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