La signification du cœur malade à cause des désirs
Fatwa No: 221440

Question

Salam alaykum, Je ne suis pas d'accord quand vous dites dans la fetwa: 78752 que le désir d'adultère est une maladie du cœur. Ça fait peur de dire ça parce que les gens vont se sentir tous malades et hypocrites. Yûsuf n'a-t-il pas désiré la femme ? Je ne dis pas qu'il voulait faire le haram mais UN PROPHETE a affirmé que l'âme est portée par le mal. Dire que celui qui a des envies d'adultère est une personne dont le cœur est malade...PRESQUE TOUT LE MONDE SE BAT POUR NE PAS FORNIQUER. ALLAH NOUS DIT DE BAISSER NOS REGARDS.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager.

L’homme n’est pas blâmé pour le seul désir du péché sauf s’il le commet véritablement ou se résout à le faire, car Allah, le Très Haut, a pardonné aux musulmans leurs désirs sauf s’ils les commettent ou en parlent comme rapporté par le hadith prophétique.

La signification du cœur malade à cause des désirs : c’est le cœur qui faiblit devant les causes du désir et donc commet l’interdit et ce n’est pas simplement le penchant sans action ou résolution.

L’imam Ibn Sa'di a dit en interprétant le verset suivant : «Ô femmes du Prophète ! Vous n'êtes comparables à aucune autre femme. Si vous êtes pieuses, ne soyez pas trop complaisantes dans votre langage, afin que celui dont le cœur est malade [l'hypocrite] ne vous convoite pas. Et tenez un langage décent. » (Coran : 33/32), c'est-à-dire la maladie du cœur qui est le Zina : il est prêt et attend le moindre motif pour se déclencher car son cœur n’est pas sain, quant au coeur sain il est capable de se maitriser et ne succombe pas à ses penchants naturels ; à l’opposé du cœur malade qui ne supporte pas et n’endure pas cela et suit le moindre motif qui l’incite à commettre une interdiction."

Quant à l’histoire du Prophète Yûsuf () la majorité des commentateurs estiment que son désir était un instinct naturel furtif et non pas un désir érotique, à cause du penchant humain naturel instinctif que le Prophète Yûsuf () a repoussé avec sa piété et de là c’est devenu une bonne action agrée.
Alors que d’autres commentateurs considèrent que le Prophète Yûsuf () n’a eu aucun désir.

Quant au verset suivant : « Je ne m'innocente cependant pas, car l'âme est très incitatrice au mal, à moins que mon Seigneur, par miséricorde, [ne la préserve du péché]. Mon Seigneur est certes Pardonneur et très Miséricordieux. » (Coran : 12/53) : l’avis le plus plausible est que ce sont les propos de la femme d’al-Aziz comme le prouve le récit et c’est l’avis qu’a choisi l’imam Ibn Taymiyya.

Et Allah sait mieux.

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