Négocier avec un djinn pour qu'il sorte d'un corps
Fatwa No: 287245

Question

Assalam alaykum,
Est-ce qu’on peut utiliser une négociation avec un djinn, c’est à dire pour qu'il sorte du corps, on lui propose un morceau de tissu ou bien on lui propose de manger un repas avec une somme donnée ou on le menace de finir dans un corps bestial comme un chien par exemple ?

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

Il est permis de parler avec un djinn se trouvant dans le corps d’un être humain, mais il faut se tourner vers la Ruqya islamique, car c’est le meilleur moyen d’affecter le djinn. Quant aux morceaux de tissu, à la nourriture et aux menaces dont vous avez fait mention, cela ne l’affecte en rien et il se peut même que cela ne fasse qu’accroître sa cupidité et son arrogance. Le Prophète () parlait aux djinns et il est confirmé que certains prédécesseurs le faisaient également.

‘Uthmân ibn Abî al-‘Âs, qu'Allah soit satisfait de lui, a rapporté : « Je dis : "O Messager d’Allah, des choses m’arrivent durant mes prières à tel point que j’en oublie ce que je prie." Le Prophète () lui dit : "Il s’agit là du diable. Approche." Je m’approchai alors de lui et m’assis sur la plante des pieds. Le Prophète () me frappa ensuite sur la poitrine avec sa main et crachota dans ma bouche et dit : "Sors, ennemi d’Allah." Il répéta cela trois fois puis dit : "Va à tes occupation maintenant." Je ne me sentis plus jamais dérangé après cela. » [Ibn Mâdja (al-Albânî : sahîh)]

‘Uthmân ibn Bichr a rapporté avoir entendu ‘Uthmân ibn Abî al-‘Âs dire : « Je me plaignis auprès du Messager d’Allah () du fait que j’oubliais le Coran. Il me frappa alors la poitrine avec sa main et dit : "O Satan, sors de la poitrine de ‘Uthmân." Je n’oubliais alors plus jamais rien dont je voulus me rappeler après cela. » [Al-Tabarânî (al-Albânî : sahîh)]

Le livre intitulé ‘Âlam al-Djinn wa al-Chayâtîn écrit par le Dr. ‘Umar Sulaymân al-Achqar mentionne : « On rapporte qu’alors que l’imam Ahmad était assis dans la mosquée, un de ses compagnons revint de chez le calife al-Mutawakkil et lui dit : "Une jeune servante de la maison du commandeur des croyants est possédée et le commandeur des croyants m’a envoyé à toi afin que tu invoques Allah de la guérir." L’imam lui donna deux sandales en bois et lui dit : "Rends-toi chez le commandeur des croyants et assieds-toi au chevet de la jeune servante puis dit au djinn qu’Ahmad lui dit ceci : ‘Que préfères-tu : sortir de cette jeune servante ou être frappé soixante-dix coups avec ces sandales ?’" L’homme se rendit alors auprès de la jeune servante avec les sandales et s’assit à son chevet puis dit ce que l’imam Ahmad lui avait dit de dire. Le djinn lui répondit alors par le biais de la jeune servante : "Écoute et obéissance à Ahmad. S’il nous ordonnait de sortir d’Irak, nous le ferions. Il obéit certes à Allah et celui qui obéit à Allah se voit être obéi par toute chose." Le Djinn sortit ensuite de la jeune servante qui se calma alors et eut des enfants. À la mort de l’imam, le Djinn revint en elle et le commandeur des croyants convoqua un des compagnons d’Ahmad qui se présenta avec les mêmes sandales et dit au djinn : "Sors ou je te frapperai avec ces sandales." Le Djinn lui répondit : "Je ne t’obéirai point et ne sortirai point. Quant à Ahmad ibn Hanbal, il obéissait à Allah et il nous avait donc été ordonné de lui obéir." »

Ibn al-Qayyim, qu'Allah lui fasse miséricorde, a dit : « J’ai vu notre cheikh envoyer à la personne possédée une personne afin qu’elle s’adresse à l’être qui était en elle et lui dise : "Le cheikh te dit : ‘Sors, cela ne t’est pas permis." La personne possédée se réveillait alors. Il lui arrivait de s’adresser aussi directement à l’être se trouvant dans la personne possédée. » (Zâd al-Ma’âd)

Et Allah sait mieux.

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