Demander aux boulangers si ses produits contiennent de l'alcool ou des graisses animales
Fatwa No: 294928

Question

Assalam alaikoum,
En France lorsque on se rend dans une boulangerie pour acheter des pâtisseries, on est obligés de demander au vendeur si celles-ci contiennent de l'alcool ou de la graisse animale. Est-ce que c'est une bonne façon de se comporter en agissant de cette manière ou bien doit-on acheter sans poser de questions ?

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

La règle de base concernant les Occidentaux est qu’ils font partie des gens du Livre et la règle de base concernant la nourriture des gens du Livre est qu’elle est licite. Allah, exalté soit-Il, a dit (sens du verset) : « […] Vous est permise la nourriture des gens du Livre […] » (Coran 5/5) il n’y a de dérogation à cette règle de base que si le contraire est prouvé de manière certaine ou que l’on a de fortes raisons de penser le contraire. Si en général, ils ne mettent pas d’alcool ou de graisse d’origine animale dans leurs pains, il n’y a alors pas besoin de leur poser la question en se basant sur la règle de base permettant la consommation de leur nourriture. Par contre, s’ils ont l’habitude de mettre de l’alcool ou de la graisse d’origine animale dans leur pain, dans ce cas, il y a une opposition entre la règle de base permettant la consommation de leur nourriture et le cas général qui est l’impureté du pain.
Certains oulémas dirent que dans ce cas la règle de base prédomine et qu’il faut considérer que cette nourriture est pure alors que d’autres oulémas dirent que le cas général prédomine, cela étant ici le fait de considérer cette nourriture comme impure.
Notre avis est que la règle de base, qui est la pureté de la nourriture, prédomine et que la préséance par rapport au cas général doit lui être donnée, et cette règle de base ne peut disparaître qu’en cas de certitude.
Malgré cela, il n’y a pas de mal à poser la question, car le fait que la règle de base prédomine ne signifie pas qu’on ne puisse pas poser la question, particulièrement dans les pays où il n’y a que très peu de prévention contre les impuretés dans la nourriture et où cela est répandu au point de perturber la tranquillité quant au fait d’appliquer la règle de base.
Dans ce cas, nous pensons qu’il vaut mieux être prudent à partir du moment où un sérieux doute est présent et questionner le vendeur ou le boulanger, afin de savoir si le pain contient de l’alcool ou de graisse de bête morte, et accepter la réponse de la personne à qui l’on pose la question. Ibn Hadjar al-Haytamî al-Châfi’î a dit :

« Si l’on trouve une brebis égorgée et qu’un dhimmi prétend l’avoir égorgée, cette brebis est alors licite, car il fait partie des gens dont les égorgement nous sont licites. Par conséquent, si sa parole est prise en considération en ce qui concerne l’égorgement d’un animal, elle l’est également ou même plus encore lorsqu’il informe qu’il a rendu une chose impure ou l’a purifiée avec l’explication à l’appui. En effet, la question de l’égorgement fait l’objet d’une grande prudence, bien plus grande que celle accordée à ces deux choses (la pureté et l’impureté d’une chose). De plus, les prédécesseurs permirent dans l’absolu la consommation des bêtes ayant été égorgées par les gens du Livre sans émettre la condition d’avoir assisté à l’immolation. Au contraire, ils s’en remirent à eux pour assouplir cette question du retour à la règle de base permettant la consommation de cette nourriture. » (Al-Fatâwâ a-Kubrâ)

Et Allah sait mieux.

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