La Zakat pour aider un malade ou un étudiant
Fatwa No: 299962

Question

Assalam alaykum,
Je souhaite savoir si la zakat peut être utilisée pour aider un malade qui est confronté à de grosses dépenses de soins qui peuvent le mettre en difficultés financières. Et pour aider un étudiant (dans les sciences profanes) dont les besoins financiers alourdissent de manière conséquente les capacités de ses parents.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

Concernant le malade, si l’argent qu’il possède ne suffit pas à couvrir les dépenses de son traitement, il est alors considéré comme étant pauvre et peut percevoir la Zakat, ce qui lui permettra de couvrir les dépenses de son traitement, à condition que ce malade ne perçoive pas cette Zakat de la part d’une personne ayant l’obligation de subvenir à ses besoins. Le cheikh Ibn ‘Uthaymîn, qu'Allah lui fasse miséricorde, a dit :

« Le besoin de traitement médical est un besoin impérieux. Par conséquent, le malade qui a besoin d’un traitement pour se soigner et n’a pas les moyens financiers de payer son traitement peut percevoir de l’argent de la Zakat, car la Zakat a pour objectif de combler les besoins des gens. »

Celui qui possède assez d’argent, mais craint de tomber dans la pauvreté ou dans une situation financière difficile à cause du coût de son traitement ne doit pas percevoir de l’argent de la Zakat tant qu’il peut s’en passer. Ensuite, si la personne s’endette et ne trouve pas de quoi rembourser, ou que son argent diminue et ne trouve pas de quoi couvrir les dépenses de son traitement, elle peut alors percevoir de l’argent de la Zakat.
Il lui incombe d’avoir une bonne opinion de son Seigneur et de savoir que sa subsistance lui a été prédestinée et qu’elle la percevra certes. La crainte de tomber dans la pauvreté ne doit pas pousser une personne à quémander auprès des gens. Abû Umâma a rapporté que le Prophète () a dit :
« Le Saint Esprit (l’Ange Gabriel) m’a inspiré que nulle âme ne mourra avant que ne soit épuisée sa subsistance et que n'arrive son terme. Craignez donc Allah et recherchez votre subsistance avec douceur et modération. Si votre subsistance tarde à venir, que cela ne vous pousse pas à chercher à l'obtenir en désobéissant à Allah, car ce qui est auprès d'Allah ne s'obtient qu'en Lui obéissant. » [Abû Nu’aym (al-Albânî : sahîh)]

Quant à l’étudiant, les oulémas déclarèrent que la Zakat doit être uniquement perçue par la personne qui étudie les sciences religieuses. L’Encyclopédie jurisprudentielle mentionne : « Les jurisconsultes s’accordent sur la permission de donner de l’argent de la Zakat aux étudiants. Les écoles hanafite, chaféite et hanbalite l’affirmèrent de manière claire et c’est ce que l’on comprend de l’école malékite (…) les écoles chaféite et hanbalite permirent à l’étudiant de percevoir la Zakat s’il ne peut combiner entre le fait d’étudier et de gagner sa vie, dans le sens où il devrait arrêter d’étudier pour gagner sa vie (…) les jurisconsultes déclarèrent que cela est spécifique à celui qui étudie les sciences religieuses… »

Cependant, certains oulémas permirent à l’étudiant en général de percevoir de l’argent de la Zakat si la science qu’il étudie fait partie des sciences qu’il est obligatoire à la communauté de connaître et qu’elle est bénéfique à l’étudiant dans le domaine religieux et mondain. Le livre intitulé Matâlib Ulî al-Nuhâ mentionne : « Le cheikh Taqî al-Dîn a permis à la personne ayant besoin d’acheter des livres d’une science bénéfique ayant un intérêt religieux et mondain de percevoir de la Zakat pour le faire… » Quant à nous, notre avis est qu’il est permis de donner de l’argent de la Zakat à un étudiant en respectant les conditions suivantes :

1) Les études poursuivies doivent être dans le domaine religieux ou dans le domaine profane parmi les sciences que la communauté à l’obligation de connaître ;
2) L’étudiant doit achever ses études et doit être de ceux dont on a bon espoir qu’il excellera dans celles-ci. Le livre intitulé I’âna al-Tâlibîn mentionne : « Il est obligatoire de subvenir aux besoins de l’étudiant en sciences religieuses faisant partie de ceux dont on a bon espoir qu’il excellera dans ses études et qui ne peut poursuivre ses études par manque de moyens financiers. L’étudiant n’a alors plus la responsabilité de subvenir à ses propres besoins. »
3) L’étudiant doit être incapable de subvenir à ses besoins tout en poursuivant ses études de telle façon qu’il est obligé d’arrêter ses études pour pouvoir subvenir à ses besoins.

Et Allah sait mieux.

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