Comment traiter une personne dont on pense qu'elle a jeté un sort ?
Fatwa No: 365254

Question

Assalam alaikoum,Je vous écris afin que vous nous conseilliez inchaAllah. Une personne a fait de la sorcellerie à plusieurs membres d'une famille et ma question est de savoir selon la charia que peut-on faire à cette sorcière si nous sommes sûrs que c’est elle la coupable ? Sachant qu'elle vit dans un pays musulman mais la charia n'est pas appliquée là-bas. Peut-on se rendre chez elle et lui faire avouer l'endroit où elle a caché les sortilèges ?

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

S'il est établi avec certitude que cette femme a pratiqué la sorcellerie, il est alors permis de lui demander de révéler où elle a mis le talisman afin d'annuler son effet. Il est même permis de la menacer de porter l'affaire devant les autorités compétentes afin de mettre un terme à cette nuisance et de repousser ce mal. Par contre, il est interdit à toute personne qui n'en a pas l'autorité de l'y obliger directement, car il est à craindre que cela n'entraîne plus de mal que de bien. En effet, l'application des peines discrétionnaires et le fait de mettre fin à un mal par la force n'est pas du ressort du commun des gens.

Nous profitons de l'occasion pour attirer votre attention sur le fait que ces derniers temps, les accusations de sorcelleries sont devenues légion en se basant sur des simples informations données par un sorcier ou un exorciste. Or, cela est interdit. En effet, la règle de base concernant le musulman est qu'il est innocent jusqu'à preuve du contraire, comme le fait qu'il avoue par exemple. Sinon il est interdit de penser du mal d'un musulman. Allah, exalté soit-Il, dit (sens du verset) : « ô vous qui avez croyez ! évitez de trop conjecturer [sur autrui] car une partie des conjectures est péché. [...] » (Coran 49/12) Les savants disent : « La règle de base est de considérer quelqu'un comme innocent en se fondant sur le principe qu’il s’agit là d’une certitude qui ne peut être remise en cause par un doute. »

Et Allah sait mieux.

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