Seul celui qui persiste à rompre les liens familiaux supporte le poids du péché et ses conséquences
Fatwa No: 414658

Question

Je suis mariée et j’ai des frères. Depuis deux ans, mon petit frère ne me parle plus sans la moindre raison. Il s’est disputé avec ma mère et ne nous parle plus à moi et mes sœurs. Il ne parle même plus à ma mère depuis six mois. Même le jour de l’Aïd, il n’a demandé pardon qu’à elle. Mais moi, il ne m’a pas parlé depuis ce temps. Il ne m’a même pas laissé l’occasion de lui demander quelle en était la raison. Quand il me voit de loin, il change de chemin. Et si je suis dans un endroit, il n’y vient pas. Quand je suis malade et admise à l’hôpital, il ne prend pas de mes nouvelles ni de celles de mes enfants. Même le jour de l’Aïd il ne me dit pas l’invocation pour que mes péchés soient pardonnés et mes actions acceptées. Ma mère lui a demandé pourquoi il se comportait ainsi mais il ne lui a rien répondu. Quand il me voit il tourne la tête et c’est ce qui me fait du mal. J’en pleure de chagrin parce que c’est moi qui l’ait élevé quand il était petit. Ma question est : Est-ce que je serais moi aussi redevable de son comportement ? Est-ce que mes œuvres ne montent pas au ciel le lundi et le jeudi comme l’a dit le Prophète (Salla Allahou Alaihi wa Sallam) jusqu’à ce qu’on se réconcilie ? Ou est-ce que seules ses œuvres sont concernées ? J’ai pourtant bien essayé de me réconcilier avec lui mais il ne m’a laissé aucune possibilité de le faire.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et

Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

Si c’est lui qui est à l’origine de la rupture de ce lien familial et non vous

alors vous n’avez aucun péché pour cela mais c’est plutôt lui qui l’endosse.

Il en est de même pour les conséquences de ce comportement qui sont

que les œuvres ne montent pas au ciel le lundi et le jeudi et que la

personne concernée n’obtient pas le pardon. Ceci dit, il ne faut pas laisser

la situation ainsi mais s’évertuer à vous réconcilier et mettre un terme à cette rupture en vous appuyant sur des gens bons et raisonnables. La réconciliation est un des meilleurs actes qui permettent de se rapprocher d’Allah comme nous l’avons clarifié dans plusieurs fatwas. Il faut s’efforcer de le conseiller et lui rappeler Allah. Lui faire prendre conscience de la gravité du péché que constitue le mauvais comportement avec la mère et la rupture des liens de famille. Dans Al-Adab Al-Mufrad, Boukhari rapporte au chapitre : Le châtiment dû à qui désobéit à ses parents : Selon Abu Bakra, , le Prophète () a dit : « Aucun péché n’est plus à même de voir son châtiment hâté en ce bas monde sans qu’il ne diminue en rien celui qui l’attend dans l’au-delà que l’injustice et la rupture des liens de parenté. » N’oubliez pas d’invoquer Allah de nombreuses fois pour que la situation se rétablisse et qu’Il le guide sur le droit chemin. Et plus particulièrement l’invocation de la mère car c’est d’elle qu’on espère le plus qu’elle soit exaucée. Dans le Sunan de Ibn Mâjah, selon Abu Hoarayra, , le Prophète () a dit : « Trois invocations sont exaucées sans aucun doute: l'invocation de l'opprimé, l'invocation du voyageur, et l'invocation du parent pour son fils. »

Et Allah sait mieux.

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