La définition de la foi et des œuvres pieuses quand elles sont citées conjointement et comment les mettre en pratique
Fatwa No: 424321

Question

Le Coran nous incite souvent à ces trois choses : La crainte d’Allah, la foi et les œuvres pieuses. Je sais que la crainte d’Allah consiste à faire ce qui nous est ordonné, délaisser ce qui nous est défendu et que les gens sont de deux degrés s’agissant de cela : Ceux qui ont emprunté une voie médiane, et ceux qui ont devancé les autres par leurs bonnes actions. Pour réaliser ce qui est requis, il faut donc connaitre tous ce qui, dans le Coran et la Sunna, nous est ordonné ou défendu, pour ensuite le mettre en pratique. Quelle est donc la définition de la foi et des œuvres pieuses quand elles sont citées conjointement ? Comment les mettre en pratique ? Est-ce que ces deux notions correspondent à des degrés divers particuliers ?

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Si, dans les textes scripturaires, la foi et les œuvres pieuses sont citées conjointement, alors on entend par la foi ce que recèle le cœur et par les œuvres pieuses les actes des membres. Certains savants expliquent cela en disant qu’il s’agit de citer un fait plus spécifique suite à un autre plus général. Ibn Taymiyya a dit : « Si la foi est citée seule, elle inclut les actes en raison du hadith : « La foi comporte plus de soixante-dix - ou plus de soixante - branches. La plus haute est l'attestation qu'il n'y a nulle divinité [digne d'être adorée] en dehors d'Allah (lâ ilâha illa Allâh), et la moins haute consiste à retirer de la voie publique ce qui pourrait nuire aux gens. Et la pudeur est une des branches de la foi. » Et si, à la suite à la foi, est citée l’œuvre pieuse, comme dans ce verset : « Ceux qui ont eu la foi et fait des œuvres pieuses. » cela signifie que les personnes citées dans ce verset doivent répondre à une condition restrictive, c’est qu’en plus d’avoir la foi, ils doivent aussi faire des œuvres pieuses. Et on peut affirmer que ces dernières sont inclues dans la foi et qu’il s’agit de citer un fait plus spécifique suite à un autre plus général. 
On peut aussi affirmer que dans certains cas les œuvres pieuses ne sont pas incluses dans le sens de la foi bien que citées à la suite. C’est le cas d’autres termes qui sont souvent cités ensemble comme le pauvre et le nécessiteux (Al-Faqîr et Al-Miskîn). Quand l’un de ces deux termes est cité seul il inclut la signification de l’autre mais s’ils sont cités conjointement alors chacun a le sens qui lui est spécifique, comme il est dit dans le verset relatif à l’aumône : « Les aumônes ne sont dues qu’aux pauvres (faqir) et aux nécessiteux (masâkîn). » et dans le verset de l’expiation : « Son expiation consistera à nourrir dix pauvres (masâkîn). » ou dans le verset : « Faire l’aumône publiquement est déjà une bonne chose, mais il est préférable de donner aux pauvres (faqîr) en toute discrétion.» Un pauvre et un nécessiteux correspondent à une seule réalité. Cette explication que nous venons de donner concernant la foi est la même qui est valable pour d’autres groupe de mots. Par exemple : les termes arabes Birr, Taqwa, Ma’rûf, qui ont tous le sens de bonté. Les termes Ithm, ‘Udwân et Munkar, qui ont tous le sens de péché. Or, pour tous ceux qui méditent les sens du Coran, ils font référence à des significations différentes selon qu’ils sont cités seuls ou conjointement. C’est une notion que nous avons largement développée quand nous avons abordé le sujet de la foi et au cours de notre explication du hadith de Gabriel (Jibrîl), dans lequel nous avons expliqué que la foi se trouve à l’origine dans le cœur et qu’il s’agit de la foi en Allah, Ses anges, Ses livres, Ses messagers, et comme il est dit dans le Musnad dans ce hadith : « L’Islam est ce qui est manifeste et la foi ce qui est dans le cœur. » » Fin de citation du Majmû’ Al-Fatâwa.
Il dit aussi dans son livre intitulé Al-‘Îmân : « Si la foi est citée conjointement soit avec l’Islam soit avec les œuvres pieuses, alors on entend par la foi ce qui est dans le cœur et tous les gens sont d’accord sur ce point. Et dans ce cas, est-ce qu’on veut aussi signifier qu’il s’agit de citer un fait plus spécifique suite à un autre plus général. Et que la deuxième notion n’est pas incluse dans la première mais qu’elle lui est consubstantielle comme le soutiennent les adeptes de la Sunna. Ou est-ce que ce n’est pas le cas ? Trois avis ont été émis sur cette question.
Ceci est valable pour tous les termes dont le sens varie selon qu’ils soient cités seuls ou conjointement à un autre. Par exemple, le terme adoration (‘Ibâda). S’il est cité seul il inclut toutes les formes d’adoration qui nous ont été ordonné de faire. Qu’il s’agisse de la confiance en Allah, de Lui demander de l’aide pour faire ce qu’Il exige de nous comme dans ces versets : « Je n'ai créé les djinns et les hommes que pour qu'ils M'adorent. » (Coran 51/56). « Adorez Allah et n’associez rien à Son culte. » (Coran 4/36). « O hommes ! Adorez votre Seigneur, qui vous a créés vous et ceux qui vous ont précédés. Ainsi atteindriez-vous à la piété. » (Coran 2/21). « Adore donc Allah en Lui vouant un culte exclusif. » (Coran 39/2). « Dis : « C’est Allah que j'adore, et Lui voue exclusivement mon culte. » (Coran 39/14). « Dis : « Me commanderez-vous d'adorer autre qu'Allah, O ignorants ? » » (Coran 39/64).
Et s’il est dit « Croyez donc en Allah, en Son messager, le Prophète illettré » (Coran 7/158), alors ici la foi au Prophète inclut celle en tous les livres, messagers et prophètes. Pareillement s’il est dit : « Craignez Allah et croyez en Son messager pour qu'Il vous accorde deux parts de Sa miséricorde. » (Coran 57/28), et : « Croyez en Allah et en Son Messager, et dépensez de ce dont Il vous a donné la lieutenance. »  (Coran 57/7), alors la foi en Allah et Son Prophète comprend la foi en tout ce qui a été dit et le fait de dépenser est inclus dans le verset : « Alors croyez en Allah et Son messager. », de même que la parole de fermeté est incluse dans ce verset : « Voilà ce que Nous avons enjoint à ceux auxquels avant vous le Livre fut donné. » (Coran 4/131). Aussi, le terme Birr, qui signifie bonté, inclut tous les actes qui nous sont commandés de faire comme dans ce verset : « Les bons seront, certes, dans un [jardin] de délice, et les libertins seront, certes, dans une fournaise. » (Coran 82/13-14). Et : « Mais la piété consiste à craindre Allah. » (Coran 2/189). Et : « La bonté pieuse ne consiste pas à tourner vos visages vers le Levant ou le Couchant. Mais la bonté pieuse est de croire en Allah, au Jour dernier, aux Anges, au Livre et aux prophètes, de donner de son bien, quel qu’amour qu'on en ait, aux proches, aux orphelins, aux nécessiteux, aux voyageurs indigents et à ceux qui demandent l'aide et pour délier les jougs, d'accomplir la Salât et d'acquitter la Zakât. Et ceux qui remplissent leurs engagements lorsqu'ils se sont engagés, ceux qui sont endurants dans la misère, la maladie et quand les combats font rage, les voilà les véridiques et les voilà les vrais pieux ! » (Coran 2/177). Ainsi, si le terme bonté est cité seul il inclut le sens du terme piété et si c’est le mot piété qui est cité seul il inclut le sens du terme bonté. Ils peuvent aussi être cités conjointement comme dans ce verset : « Et entraidez-vous au bien et à la piété. » (Coran 5/2).
Nous avons vu que ces termes peuvent avoir une signification différente s’ils sont cités de façon absolue ou si leur portée est restreinte par un autre terme qui lui est adjoint, s’ils sont cités seuls ou conjointement avec un autre. Si l’un d’entre eux est cité seul il peut avoir un sens plus général que l’autre. Comme c’est le cas des termes Foi et Bonté, s’ils sont cités conjointement au terme œuvre pieuse et sincérité. C’est aussi le cas du terme Blâmable (Munkar) quand il est cité avec le terme Turpitude (Fahchâ) et Transgression (Baghi). Et ainsi de suite. Il se peut également que la portée générale et spécifique de ces termes sa valent. C’est le cas avec les termes Foi (‘Îmân), Bonté (Birr), Piété (Taqwa). Et des termes Pauvres et Nécessiteux (Faqîr et Miskîn). Dans ces cas, quel que soit le terme cité, il englobe le sens de l’autre. » Fin de citation.
De ses propos, qu’Allah lui fasse miséricorde, il apparait clairement que quand la piété est citée, elle indique les mêmes sens que la foi. De même pour le terme bonté et autres. Ibn Baz a dit : « Allah dit : « Pour Allah, la seule religion légitime est l’Islam. » (Coran 3/19). Pour les adeptes de la Sunna, cela comprend avoir la foi puisque l’Islam d’un homme n’est valide que s’il a la foi. Pour Allah, la seule religion légitime est l’Islam, ce qui correspond à la foi, à la guidée, à la piété, et à la bonté. Tous ces termes, quand bien même différents, renvoient tous à un seul sens qui est la foi en Allah et Ses messagers, emprunter la voie d’Allah, se conformer aux préceptes de Sa religion. Tout ceci peut s’appeler bonté, foi, Islam, piété, guidée. » Fin de citation.
Ces propos permettent de répondre à votre question demandant comment mettre en pratique la foi et la piété. Ceci peut se faire en mettant en application les actes obligatoires et en évitant les interdits.
La façon la plus complète de le faire consiste à s’empresser de faire des actes recommandés et se tenir à l’écart des actes réprimandables.
Les degrés auxquels vous avez faits référence dans votre question -  Ceux qui se sont causés du tort, ceux qui ont emprunté une voie médiane, et ceux qui ont devancé les autres par leurs bonnes actions. -  correspondent aux degrés de la foi. Cheikh Sa’di a dit dans son livre Shajarat Al-‘Îmân : « Cela montre donc clairement que la foi comprend : 1 – Les croyances de la religion. 2 – Le comportement qui en découle. 3 – Sa mise en pratique apparente et intérieure. Et cela implique : Qu’elle augmente par la croissance et la réalisation de ces éléments et qu’elle diminue lorsqu’ils régressent. Que les gens occupent des degrés différents dans la foi, en fonction de leurs différences dans la possession de ces caractéristiques. C’est pourquoi les croyants sont de trois types : 1 – Les précurseurs rapprochés qui ont devancé les autres par leurs bonnes actions (As-Sâbiqûn, Al-Muqarrabûn) : ce sont ceux qui ont accompli les obligations et les actes recommandés et se sont éloignés des interdits, des choses détestables, et du superflu parmi les choses permises. 2 – Les modérés qui ont emprunté une voie médiane (Al-Muqtasidûn) : ce sont ceux qui ont accompli les obligations et se sont éloignés des interdits. 3 – Ceux qui se sont causés du tort à eux-mêmes : Ce sont ceux qui ont délaissé certaines obligations que la foi exige et commis certains interdits. Comme Allah dit : « Ensuite, Nous fîmes hériter du Livre à ceux que Nous avons choisis parmi Nos serviteurs. Parmi eux, certains se font du tort à eux-mêmes, d’autres se tiennent sur une voie moyenne, et d’autres s’empressent d’accomplir de bonnes actions, par la permission d’Allah ; telle est la grâce infinie. » (Coran 35/32).
Il arrive que dans le Coran, à la suite à la foi, Allah cite les œuvres pieuses ou la piété ou la patience selon le besoin. Ceci afin qu’on ne pense pas qu’il soit possible de se suffire de ce que recèle le cœur. Que de versets dans le Coran commençant par : « Ceux qui ont cru et fait des œuvres pieuses. » pour ensuite dire du bien de ces fidèles. Les œuvres pieuses font partie de la foi. Elles lui sont consubstantielles. C’est par elles que se réalise la foi. Quiconque prétend être croyant alors qu’il ne fait pas les actes obligatoires et ne délaissent pas les interdits, alors cet homme n’est pas sincère dans sa foi. De même il arrive que la foi soit citée avec la piété : « En vérité, les bien-aimés d'Allah seront à l'abri de toute crainte, et ils ne seront point affligés, ceux qui croient et qui craignent [Allah]. » (Coran 10/62-63).
Il a donc mentionné la foi complète que recèle le cœur et les croyances que cela implique, les bonnes intentions et les œuvres pieuses. Et tout ceci ne pourra se réaliser complètement tant que le fidèle n’aura pas délaissé ce qui provoque le courroux divin, la mécréance, la désobéissance et les péchés. C’est pour cela que la deuxième partie du verset explicite que les croyants sont ceux qui craignent Allah. De même que dans cet autre verset Il a décrit Ses meilleurs fidèles en disant : « Mais Allah vous a fait aimer la foi et l'a embellie dans vos cœurs et vous a fait détester la mécréance, la perversité et la désobéissance. Ceux-là sont les bien dirigés, c'est là en effet une grâce d'Allah et un bienfait. Allah est Omniscient et Sage. » (Coran 7/8).
Pour finir, nous nous excusons de ne pouvoir répondre à votre autre question puisque nous avons déjà expliquer que, sur le site, l’espace destiné à recevoir les questions n’en accepte qu’une seule et que dans les messages qui comportent plusieurs questions seule la première sera prise en compte et les autres ne seront pas traitées.
Et Allah sait mieux.

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