Puis-je voter pour un non-musulman ?
Fatwa No: 95596

Question

J'ai vu sur une fetwa de votre site que voter pour des mécréants est interdit; j'ai pourtant entendu dire par beaucoup de frères qu'il faut choisir "le moindre mal", c'est-à-dire voter pour le moins pire. Sachant que j'habite en France et qu'il n'y a pas de musulmans qui se proposent comme candidats, puis-je voter pour le mécréant qui est le moins pire (s'il nous promet de nous construire une mosquée par exemple) ou dois-je m'abstenir ? Et si je dois m'abstenir, j'aimerais savoir pourquoi il est interdit dans ce cas de "choisir le moindre mal" ?

Réponse

Louange à Allah. Paix et salut sur Son Prophète.

Cher frère,

 

A l’origine, il est interdit de voter dans une élection où les candidats sont tous des mécréants. Un tel acte revient à donner le pouvoir à un mécréant et à se placer sous son autorité.

 

Cependant, il se peut que l'intérêt islamique nécessite de voter en faveur de l'un d'entre eux, en vue d'amoindrir un mal. Si l'un des candidats non-musulmans est moins hostile envers l'Islam et les musulmans qu'un autre  et que les voix électorales des musulmans peuvent influencer la décision finale, alors dans ce cas, il n'y a pas d'inconvénient à voter pour lui.

 

Par contre, si le vote des musulmans n'a aucun effet sur les élections et que tous les candidats ont le même degré de malfaisance et d'hostilité ou que ce vote n'a aucune influence sur les musulmans, dans ce cas il leur est interdit de voter en faveur des candidats mécréants.

 

Les musulmans doivent évaluer à long terme les conséquences de l'élection des candidats et ne doivent pas se contenter de leurs promesses de construire une mosquée. Il se peut que l'un d'entre eux construise effectivement une mosquée  mais démolisse dans le même temps leurs convictions.

 

Dans tous les cas, ceci est un sujet d'études chez les Oulémas qui est fondé essentiellement sur la règle : “Acquérir les avantages et les compléter. Ecarter les perversions et les atténuer.”

 

Il est inimaginable qu'un musulman qui vote en faveur d'un mécréant pouvant causer un moindre mal soutienne par là sa mécréance. Car un tel acte est fait dans l'intérêt des musulmans en repoussant le plus grand des deux méfaits par le moindre d'entre eux.

 

Les musulmans étaient contents de la victoire des romains sur les perses ainsi que du triomphe d’An-Nadjachi, qu'Allah lui fasse miséricorde, en Abyssinie,  sur  celui qui voulait s'emparer de son trône.

 

Néanmoins, celui qui veut s'abstenir et boycotter l'élection de peur de tomber dans l'interdit a le droit de le faire.

 

Et Allah sait mieux.

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